Siméon II, le Tzar premier ministre

Par Philippe Perchoc | 1 novembre 2006

Pour citer cet article : Philippe Perchoc, “Siméon II, le Tzar premier ministre”, Nouvelle Europe [en ligne], Mercredi 1 novembre 2006, http://www.nouvelle-europe.eu/node/34, consulté le 19 novembre 2017

Cette situation sans précédent avait fait beaucoup parler d'elle en 2001. Siméon de Saxe-Cobourg-Gotha, ancien Tzar (roi) de Bulgarie, chassé du trône et du pays par les communistes en 1946, est devenu le premier ministre de la Bulgarie en juin 2001. Il avait alors été plébiscité par les électeurs avant de subir un important revers lors des élections législatives suivantes, en août 2005.

Son parcours

François Frison Roche rappelle dans la revue trimestrielle "Politique internationale" n° 94 - hiver 2001-2002 le parcours de Siméon: "Fils de Boris III de Bulgarie et de Ioana, fille du roi Victor-Emmanuel III d'Italie, Siméon de Saxe-Cobourg-Gotha est né à Sofia le 16 juin 1937. Par son arrière-grand-père Auguste, prince de Saxe-Cobourg-Gotha (1818-1881), marié à Clémentine d'Orléans, fille du roi Louis-Philippe, il est également allié aux familles royales britannique et belge. A la disparition de son père, décédé d'une crise cardiaque le 28 août 1943, Siméon II monte sur le trône bulgare à l'âge de 6 ans. Les communistes, après avoir fait fusiller en 1945 les trois régents, dont son oncle Cyril, abolissent la monarchie par référendum le 8 septembre; 1946. Le 15 septembre, il est expulsé avec sa mère et sa sœur. Exilé d'abord en Egypte, puis à Madrid à partir de 1951. Siméon Il, qui a reçu un passeport bulgare dès 1991 sur décision du président Jelev, retrouve son pays natal 50 ans plus tard, en mai 1996. Après un jugement de la Cour constitutionnelle, en 1998, les biens de la famille royale bulgare lui sont restitués. Le 28 avril 200l, il fonde le " Mouvement National Siméon II " qui remporte les élections législatives du 17 juin de la même année. Il est élu premier ministre par le Parlement le 24 juillet et forme un gouvernement de coalition avec le parti représentant les minorités turque et musulmane et certains membres du parti socialiste (ex-communiste)."

Il faut noter que Siméon n'a jamais abdiqué, il se revendique donc toujours roi de Bulgarie, même lorsqu'il en était le premier ministre.

800 jours pour redresser le pays

800 jours, c'est le temps que l'on considère nécessaire pour redresser une entreprise. Siméon l'a appliqué à la Bulgarie et une horloge décomptait les jours dans son bureau depuis 2001. Ayant vécu la transition espagnole, le premier ministre a essayé, avec une équipe de jeunes économistes de faire face, en douceur, aux défis auxquels la Bulgarie est confrontée.

A la veille des élections de 2005, le FMI souligne l'exceptionnel bilan de la Bulgarie:

  • le chômage est passé de 18% en 2001 à 12% aujourd'hui.
  • le taux de croissance moyen est de l'ordre de 4% depuis 2001
  • le pays satisfait aux critères monétaires de Maastricht et son monnaie (le lev) est arrimé à l'Euro.
  • la privatisation a avancé vite pour que le PIB provienne à 80% du privé.

Des difficultés persistantes

Le pays a cependant peut-être été trop bon élève: il dégage des excédents budgétaires alors que les Bulgares attendent des résulats en terme de niveau de vie: celui-ci reste parmi les plus faibles d'Europe.

Aux élections législatives de juin 2005 c'est la déception qui domine au sein de la population bulgare. De plus de de 40%, le parti "Mouvement national Siméon II" tombe à un peu plus de 20% des voix. Le pays est depuis dirigé par le socialiste Serguï Stanichev.

Si Siméon de Saxe-Cobourg-Gotha s'est retrouvré, 55 après, à la tête de son pays grâce au suffrage universel, les Bulgares ont également découvert le vote-sanction et ceci contre leur roi !

Source photo : Siméon II - Commission européenne, Service de l'Audiovisuel

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