Russie : les bombes nucléaires aussi prennent l'avion

Par admin | 19 septembre 2007

Pour citer cet article : admin, “Russie : les bombes nucléaires aussi prennent l'avion”, Nouvelle Europe [en ligne], Mercredi 19 septembre 2007, http://www.nouvelle-europe.eu/node/269, consulté le 29 février 2020

76241982articleLa Russie a annoncé le 17 août la reprise de ses vols stratégiques : comme au temps de la Guerre Froide, des bombardiers à chargement nucléaire sillonnent le ciel.  Depuis, les incidents se multiplient.

76241982articleLa Russie a annoncé le 17 août la reprise de ses vols stratégiques : comme au temps de la Guerre Froide, des bombardiers à chargement nucléaires sillonnent le ciel.  Depuis, les incidents se multiplient.
 
On l'a un peu oublié aujourd'hui, mais au temps de la Guerre Froide, la menace nucléaire était partout : des bombardiers stratégiques américains et soviétiques survolaient le monde, chargés de bombes nucléaires.
 
Restaurer son statut nucléaire 
 
La fin de la Guerre Froide, ainsi que les difficultés financières de la Fédération de Russie, avaient poussé Moscou à stopper ses vols stratégiques en 1992. Aujourd'hui, le Kremlin entend bien rappeler son statut de grande puissance en reprenant ses vols. 
Au moment de la reprise des vols, les Russes ont fait remarquer qu'ils les avaient arrêtés de manière unilatérale alors que "malheureusement, tout le monde n'a pas suivi notre exemple, et des vols stratégiques menés par d'autres États continuent» selon Vladimir Poutine, faisant référence aux Etats-Unis.
Ceux-ci ont traité l'information avec une sorte de dédain, la qualifiant tout au plus "d'intéressante" et faisant remarquer que la Russie ne disposait que d'avions anciens.  
 
Depuis, les incidents se sont multipliés. Les avions russes, stratégiques ou non, tendent à s'approcher trop près de leurs espaces aériens au goût de certains membres de l'OTAN, bien que Moscou se défende de violer l'espace aérien de pays tiers.  
Il y a quelques semaines, deux incidents ont fait monter la pression chez les responsables de l'Alliance atlantique : les autorités norvégiennes et britanniques ont fait décoller des avions de chasse pour surveiller et éventuellement intercepter des aéronefs russes volant à la limite de leur espace aérien.
 
Les services de Vladimir Poutine ont alors tenu à expliquer que ces bombardiers ou vols long-courriers ne transportaient pas d'armes stratégiques ni d'armes de combat lorsqu'ils survolaient des zones trop éloignées de la Russie. "Nous n'embarquons pas d'armes nucléaires, il n'y a pas non plus à bord de nos bombardiers stratégiques d'autre arme de combat, uniquement des armes d'entraînement. A l'heure actuelle, nous volons en patrouille aérienne, et vous saurez quand il y aura des armes de combat", a notamment dit le général Androssov, intervenant devant les journalistes lors d'une réunion du club de presse auprès du ministère de la Défense de la Fédération de Russie (selon Ria Novosti).
 
Vols à usage interne ?
 
Il faut aussi noter que ces vols interviennent à un moment-clef de l'histoire russe de l'après-Guerre Froide : Vladimir Poutine n'a jamais été aussi populaire (presque 70% d'opinions favorables) mais il doit laisser son fauteuil à un autre car la Constitution russe interdit trois mandats présidentiels consécutifs. 
Dans ce contexte, la nomination au poste de Premier ministre de Viktor Zoubkov, directeur du Service fédéral de suivi financier et inconnu du grand public russe,  a créé la surprise. Pourtant personne ne sait si Zoubkov, très proche de Poutine depuis les années petersbourgeoises, lui succédera au poste de Président ou si sa nomination n'est qu'une diversion. 
En tous cas, la politique présidentielle de prouver au peuple russe que Moscou peut retrouver sa place prépondérante sur la scène internationale a été l'une des lignes directrices du Kremlin depuis 2000.
La reprise des vols stratégiques en pose un nouveau jalon. 
 
Pour en savoir plus :  
 
picto_1jpeg Sur Internet 
picto_1jpeg Le retour des bombardier stratégiques russes (RFI )
   
picto3 En vidéo
picto3 Russia resumes bomber missions (en anglais)

Ajouter un commentaire