RIX : 3 lettres qui font décoller Riga

Par Antoine Lanthony | 27 juin 2007

Pour citer cet article : Antoine Lanthony, “RIX : 3 lettres qui font décoller Riga”, Nouvelle Europe [en ligne], Mercredi 27 juin 2007, http://www.nouvelle-europe.eu/node/229, consulté le 22 octobre 2019

articleair_baltic_737Jusqu’en 2004, les aéroports des 3 capitales baltes, Vilnius, Riga et Tallinn, connaissaient des fréquentations similaires. Si tous ont vu durant ces dernières années une croissance importante de leur activité, l’aéroport de Riga (RIX) prend maintenant le pas sur ses homologues avec 2,5 millions de passagers en 2006 contre 1,5 pour ses deux voisins. Aperçu des raisons d’un tel décollage.

air_baltic_737articleJusqu’en 2004, les aéroports des 3 capitales baltes, Vilnius, Riga et Tallinn, connaissaient des fréquentations similaires. Si tous ont vu durant ces dernières années une croissance importante de leur activité, l’aéroport de Riga (RIX) prend maintenant le pas sur ses homologues avec 2,5 millions de passagers en 2006 contre 1,5 pour ses deux voisins. Aperçu des raisons d’un tel décollage.  

L’élargissement de 2004

D’environ 500 000 passagers annuels en 1998, les aéroports des 3 capitales baltes étaient passés à environ 720 000 passagers en 2003. Cela représente une croissance certes importante, mais sans commune mesure avec celle advenue après l’adhésion à l’Union européenne en 2004, puisque cette année 2004 aura vu environ 1 million de passagers dans chacun des 3 aéroports.

Anticipant cette adhésion et la libre circulation qu’elle allait entraîner, l’aéroport de Riga a mené de nombreux investissements et a cherché à attirer les compagnies. Dans le sillage de l’élargissement, il fut le premier aéroport balte à accueillir la compagnie low-cost irlandaise Ryanair qui est devenue le second opérateur à Riga, derrière Air Baltic.

Riga est d’ailleurs l’un des rares aéroports internationaux à accueillir, à la manière de Dublin, à la fois Ryanair et une compagnie régulière, en l’occurrence Air Baltic. En Lituanie, Ryanair a choisi de s’implanter non à Vilnius la capitale, mais à Kaunas, la seconde ville du pays.

Air Baltic

En 1995, l’Etat letton et la compagnie scandinave SAS ont créé Air Baltic, l’Etat letton en étant l’actionnaire majoritaire avec 52,8 % des parts, contre 47,2 à SAS.

Comblant un vide en Lettonie et devenant du même coup la porte d’entrée du groupe SAS à l’est de la Baltique, Air Baltic s’est rapidement développée en multipliant les destinations, tant via le hub SAS qu’est Copenhague que par des vols directs.

Air Baltic a donc, avant l’élargissement de 2004, contribué au développement de l’aéroport de Riga, mais aussi de celui de Vilnius. En effet, profitant de la santé précaire de la compagnie nationale lituanienne Lithuanian Airlines, Air Baltic a commencé à effectuer des vols au départ de Vilnius et en a fait son second hub après Riga.

La compagnie, qui doit gérer une forte croissance, se développe donc à partir de deux bases, les vols au départ et à destination de Riga représentant deux tiers de son activité et étant beaucoup plus diversifiés.

Depuis fin 2003, la concurrence semble se jouer de plus en plus entre aéroports et de moins en moins entre compagnies. En effet, le groupe SAS, leader à Riga via Air Baltic, fortement présent à Vilnius également avec Air Baltic, a racheté 49 % des actions de la compagnie Estonian Air et est donc devenu du même coup leader à Tallinn.

Dans ces conditions, avec un développement des vols entre les 3 capitales baltes d’une part et Copenhague et Stockholm d’autre part, c’est à la fois l’implantation et la taille d’Air Baltic à Riga, mais aussi la dimension et la situation géographique de cette dernière qui semblent faire la différence.

Riga, pont entre l’Est et l’Ouest

Capitale de près d’un million d’habitants, ville cosmopolite avec une forte présence russophone, située à mi-chemin entre Vilnius et Tallinn, Riga a donc su profiter de ses atouts pour devenir le hub balte le plus important.

Outre les destinations traditionnelles telles que Londres, Francfort, Berlin, Paris, Moscou et les destinations « soleil » autour de la mer Méditerranée, Riga offre une palette de destinations qui correspondent aux réalités sociales et politiques du pays et de la région.

Ryanair et Air Baltic ont développé les destinations anglo-saxonnes, qui s’expliquent tant par l’émigration de travailleurs baltes que par la demande de jeunes Britanniques ou Irlandais venant passer des weekends de débauche peu onéreux sans même avoir idée du pays dans lequel ils se trouvent.

Air Baltic a également développé d’une part de nombreuses destinations en Scandinavie et d’autre part en CEI, afin de se positionner comme une interface entre ces deux régions. Riga est ainsi devenue la seule ville des pays de l’espace nordico-baltique (Scandinavie, Finlande, pays baltes) à proposer des vols à destination de Minsk, Gomel, Tachkent, Odessa, Tbilissi ou Bakou.

En ajoutant des destinations comme Kiev, Saint-Pétersbourg, Tel-Aviv, Larnaca, Simferopol et Kaliningrad, cela permet à Air Baltic et à Riga de se positionner comme passerelles entre l’espace nordico-baltique d’une part et la CEI et le monde russophone d’autre part. Ce qui en fait une alternative à Moscou ou à Francfort.

Saisissant l’opportunité de faire de Riga une passerelle, une compagnie comme Uzbekistan Airways en a fait un point de passage sur sa route Tachkent – New York.

Là où les aéroports de Tallinn et de Vilnius sont donc, hormis Moscou, Kiev ainsi que la Crimée en période estivale, exclusivement tournés vers l’Europe occidentale et le pourtour méditerranéen, l’Etat letton, l’aéroport de Riga et les compagnies qui y opèrent ont su au contraire se développer dans plusieurs directions.

Si les destinations occidentales restent majoritaires et reflètent l’ouverture du pays, ils ont également su faire de Riga un hub finalement logique entre Europe occidentale, pays baltes, CEI, monde russophone, de par sa situation à l’une des extrémités de l’isthme mer Baltique – mer Noire.

Cela suffira-t-il pour atteindre les 5 à 10 millions de passagers espérés et annoncés, à terme, soit la fréquentation d’aéroports tels que Prague ou Budapest ?

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Evolution du nombre de passagers dans les 3 principaux aéroports des pays baltes (millions) 

Année 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006
Vilnius 0,46 0,48 0,52 0,58 0,63 0,72 0,99 1,28 1,45
Riga 0,56 0,56 0,57 0,62 0,63 0,71 1,06 1,87 2,49
Tallinn 0,56 0,55 0,56 0,57 0,61 0,72 1,00 1,40 1,54
 
Source : Sites Internet des aéroports de Vilnius, Riga et Tallinn
 
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Pour aller plus loin : 
picto_1jpeg Sur Internet
   
picto_1jpeg Aéroport de Vilnius
picto_1jpeg Aéroport de Riga
picto_1jpeg Aéroport de Tallinn

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