Où en est l'Association européenne de Libre Échange (AELE) ?

Par Pascal Orcier | 11 mai 2010

Pour citer cet article : Pascal Orcier, “Où en est l'Association européenne de Libre Échange (AELE) ?”, Nouvelle Europe [en ligne], Mardi 11 mai 2010, http://www.nouvelle-europe.eu/node/853, consulté le 24 octobre 2020

Il s’agissait à sa création en 1960 d’un projet concurrent à la CEE, organisé autour du Royaume-Uni et des pays nordiques. Le revirement de la plupart de ses membres, y compris fondateurs, en faveur de la CEE, puis de l’UE a progressivement vidé cette association, qui a compté jusqu’à huit membres, de sa dimension spatiale.

Elle se trouve aujourd’hui réduite à un « club » de quatre membres (Norvège, Suisse, Islande et Liechtenstein) disposant de niveaux de vie plus élevés que la moyenne de l’UE. On y distingue deux États nordiques et deux États alpins aux bases économiques très différentes : hydrocarbures et ressources halieutiques pour les premiers, banques et assurances pour les seconds.

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Cet ensemble reste modeste du point de vue du peuplement (13 millions d’habitants). Ces pays se caractérisent également par un sentiment national fort et une farouche volonté d’indépendance, sans doute liée à leur émancipation somme toute récente des tutelles étrangères (1905 pour la Norvège, 1944 pour l’Islande). Cette association a été une sorte de « réservoir » de candidats à l’adhésion à la CEE. Elle est aujourd’hui en partie intégrée à l’UE via l’Espace économique européen (EEE). Ses membres appliquent l’essentiel de la règlementation communautaire afin de pouvoir exporter librement ses productions et services. Ils font également partie de l’espace Schengen, ce qui assure à leurs ressortissants la libre circulation. Dans ces États, l’UE est de loin le premier partenaire économique, même si cette part s’érode au fil des ans du fait d’une plus grande diversification des échanges. La seconde place est occupée par les États-Unis, ce qui peut s’expliquer en partie par une proximité nord-atlantique (Islande et Norvège sont en outre membres de l’OTAN).

Tableau comparatif des États de l’AELE (source : DG Commerce de l’UE et Eurostat)

 

Population (millions d’habitants)

PIB par habitant en indice (100= moyenne UE27)

Part de l’UE dans les échanges économiques (2008)

Suisse + LiechtensteinNorvègeIslande

AELE

7,7

4,8

0,3

12,9

140,8

191,2

120,7

64,3%

78,4%

64,3 %

69,6%

L’AELE actuelle fait figure d’organisation « résiduelle », au regard de ce qu’elle était il y a quelques décennies. Elle fait figure de périphérie « riche » de l’UE, toujours susceptible de la rejoindre si l’opinion publique évoluait dans ce sens. Norvège et Suisse avaient déposé leurs candidatures, mais leur processus d’adhésion avait été gelé à la suite de référendums au résultat négatif (en Norvège en 1972 et 1994, en Suisse, au sujet de l’EEE en 1992). L’Islande a en revanche déposé sa candidature à l’UE en juillet 2009, faisant poindre une nouvelle défection de l’AELE. En revanche, les îles Féroé, territoire danois disposant d’une autonomie interne, et resté hors de l’UE, a fait connaître son intérêt pour une adhésion à l’AELE. Si le principe de cette adhésion était accepté, elle permettrait de conserver, après le départ de l’Islande, l’équilibre interne entre États nordiques et alpins, préoccupation qui avait jusque-là justifié la réticence suisse à accueillir un nouveau membre nordique !

 

Pour aller plus loin 

Sur Nouvelle Europe

Sur Internet

Source carte : Pascal Orcier, pour Nouvelle Europe (avril 2010) ; EFTA AELE countries, par Kojla21, sur wikimediacommons

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