La ville en hypergreen ?

Par admin | 30 novembre 2008

Pour citer cet article : admin, “La ville en hypergreen ?”, Nouvelle Europe [en ligne], Dimanche 30 novembre 2008, http://www.nouvelle-europe.eu/node/552, consulté le 22 janvier 2018
hypergreen4.jpgarticle.pngLe concept développé par l'architecte français Jacques Ferrier a fait grand bruit : développer à La Défense (près de Paris) une tour écologique, l'hypergreen. Vivrons-nous tous demain dans ces tours géantes ?

hypergreen4.jpgarticle.pngLe concept développé par l'architecte français Jacques Ferrier a fait grand bruit : développer à La Défense (près de Paris) une tour écologique, l'hypergreen. Vivrons-nous tous demain dans ces tours géantes ?

Tours trop gourmandes

Les tours qui peuplent les grands centres d'affaires du monde sont aujourd'hui beaucoup trop gourmandes. Créées à l'époque du pétrole-roi et bon marché, ces montagnes de verre sont aujourd'hui dénoncées pour leur total manque de bon sens écologique. 

À Paris (La Défense), à Londres (Canary Warf) ou le projet de bibliothèque nationale en verre à Riga sont autant d'exemples de cette manière de construire qui devra changer dans l'avenir. 

Les gratte-ciels sont souvent construits au mépris des règles élémentaires d'orientation, si bien qu'en été, on allume la climatisation dans les bureaux exposés au Sud alors qu'on rallume le chauffage dans les bureaux exposés au Nord. Par ailleurs, leurs structures en verre sont, par nature, très mal isolées. 

Un nouvel engouement pour les tours vertes

Les grandes métropoles du monde, conscientes de ces problèmes, se sont lancées dans une course aux tours plus vertes.

Ainsi la Hearst Tower de New York s'est vue la première attribuer un nouveau label : 80 de ses structures métaliques proviennent du recyclage. Elle abrite sur son toit un collecteur d'eaux de pluie relié à un réservoir de 53 000 m3 qui lui permet de couvrir 50% des besoins de ses occupants (notamment le refroidissement, l'arrosage et la fontaine de l'entrée). 

De son côté, le Bahrain World Trade Center en construction abritera trois éoliennes de trente mètres de diamètre, une première pour un tel bâtiment. Le bâtiment est d'ailleurs construit autour de ces grandes pales et spécialement étudié pour que le vent s'engouffre entre ses deux tours pour fournir l'équivalent de l'électricité utilisée dans 300 maisons par an, mais aussi un système de refroidissement naturel. 

Les éoliennes ont aussi la côte à New York, où le maire a demandé à des architectes de lui livrer des plans d'équipement de toutes les tours de la ville en éolienne, système qui serait couplé avec des éoliennes off-shore, exploitant un des plus important potentiel éolien du monde.  

Le projet qui paraît aujourd'hui le plus abouti est le Castle House de Londres : une tour 100% autonome du point de vue énergétique. Des éoliennes intégrées au toit du bâtiment, une pompe à chaleur pour le chauffage sont deux des grandes innovations du projet. 

Le Castle House se démarque aussi de ses homologues arabes ou américaines par sa destination : c'est un immeuble d'habitation assez modeste (143 mètres) pour 310 familles. Il devrait donner une bonne idée de ce que pourrait devenir un habitat urbain collectif respecteux de la nature. 

Quand certains jouent la carte du vent, d'autres jouent celle du soleil. C'est le cas de la Lighthouse Tower de Dubai (en construction) qui devrait cumuler plus de 4000 panneaux solaires et des éoliennes pour assurer 100% des besoins de la tour. 

L'idée de maximiser l'ensoleillement est aussi en vogue : les architectes réflechissent au meilleur moyen de placer intelligement leur construction. Un des plus ambitieux, David Fischer, a eu l'idée de proposer à chaque habitant de faire pivoter son étage à sa guise pour profiter au mieux du soleil, dans une tour totalement articulée autour d'un axe en béton, la "Rotating Tower". Deux modèles sont aujourd'hui prévus, l'un à Dubai et l'autre à Moscou.  

Hypergreen : hyperambition ou hyperanticipation ?

Cette tour nouvelle génération, imaginée par Jacques Ferrier, devrait cumuler les avantages de toutes les précédentes. Sa première innovation est qu'elle est totalement préfabriquée, ce qui permet un montage et un démontage sans poussière pour une tour qui pourrait éventuellement voyager.

hypergreen1_m.jpgInsérée dans une résille qui assure la stabilité de la tour de 246 mètres, elle permet aussi de maximiser l'ensoleillement en étant plus ressérée sur sa face Sud que sur sa face Nord. Dans cette tour multifonctionnelle (habitat, bureaux, commerces etc.), les espaces les moins demandeurs d'ensoleillement sont placés au Nord, et les espaces de vie au Sud. Ces dernier bénéficient d'ensoleillement mais aussi des espaces verts insérés entre le bâtiment et sa résille, espaces qui participent au maintien d'une température constante dans le bâtiment au côté de "puits canadiens" tuyaux dans lequel circule de l'air à 14/16° qui réchauffe l'air en hiver et le refroidi en été, naturellement. 

Ce n'est pas le seul avantage de la résille : elle sert aussi de support à une multitude de panneaux solaires (3000 m3) et d'éoliennes. À son sommet, éoliennes (10 turbines) et récupérateurs d'eaux de pluie se cotoient pour assurer une partie de l'autonomie du projet. 

Au final, cet espace de 99 000 m2 pourrait bien préfigurer ce que pourraient devenir les tours du futur partout en Europe ! 

 

Pour aller plus loin :

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Sur Nouvelle Europe

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Le top 10 des gratte-ciels les plus écolo sur Neomansland
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La fiche de l'Hypergreen sur cyberarchi
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Une interview de Jacques Ferrier sur son projet
Illustrations : hippouf, hypergreen1 (2007, accédé Novembre 29, 2008)

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