Fiche pays : Malte

Par admin | 31 décembre 2007

Pour citer cet article : admin, “Fiche pays : Malte”, Nouvelle Europe [en ligne], Lundi 31 décembre 2007, http://www.nouvelle-europe.eu/node/325, consulté le 20 juillet 2018
mt-flag.gifMalte est le plus petit Etat membre de l'Union européenne. Entré en 2004, comme Chypre, sa culture est un savant mélange d'influences africaines et européennes qui ont créé un véritable bouillon de culture. Romains, Byzantins, Arabes, Chevaliers croisés, Français et Britanniques ont forgé l'histoire des deux îles.
mt-flag.gifMalte est le plus petit Etat membre de l'Union européenne. Entré en 2004, comme Chypre, sa culture est un savant mélange d'influences africaines et européennes qui ont créé un véritable bouillon de culture. Romains, Byzantins, Arabes, Chevaliers croisés, Français et Britanniques ont forgé l'histoire des deux îles.
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{play}maltahymn.mp3{/play}L'hymne maltais  

Les origines : une longue Antiquité

L'histoire de Malte est marquée par une longue antiquité. Après une préhistoire qui a beaucoup fait débat chez les historiens, les phéniciens et particulièrement les Carthaginois s'installent sur l'île au premier millénaire avant JC.

Mais c'est l'antiquité romaine qui va marquer le plus Malte : après avoir été l'alliée de Rome dans la première guerre punique, Malte ancre sa civilisation pendant presque un millénaire dans la romanité. Le commerce et l'urbanité sont les deux grands marqueurs de cette période.

Il faut aussi rappeler la christianisation précoce de l'île qui voit débarquer Saint Paul au milieu du premier siècle. Le Christianisme peut se développer dans un calme relatif, puisqu'il semble que Malte ait été épargnée par les raids barbares jusqu'à l'invasion arabe, au cours du IXe siècle.

Le Moyen-Age : la fusion des civilisations

C'est l'arrivée des Arabes qui va faire entrer Malte dans le Moyen-Age. Une grande partie des habitants se convertit pour éviter le statut de Dhimmi (statut des non-musulmans en Islam). L'île devint un nid de corsaires, car ses ressources propres ne lui permettaient pas de nourrir toute sa population. Par ailleurs, sa position géographique clef, à 80 km au Sud de la Sicile, lui permettait de tenir le rôle de base d'opérations pour les raids arabes vers le Nord.

Les Normands, menés par le comte Roger, chassèrent le pouvoir arabe de Malte en 1090, mais pas les Musulmans qui faisaient la richesse de l'île. Comme en Sicile où ils s'étaient installés, les Normands promurent une politique de vie en bonne intelligence avec les populations locales. Un recensement de 1240 montre d'ailleurs que les Musulmans et les Juifs étaient toujours plus nombreux que les Chrétiens à Malte.

A cette même date, Frédéric II, alors empereur germanique, commença à exiger l'expulsion des Musulmans. Beaucoup choisirent alors de se convertir au Christianisme.

A partir de 1266, l'île passa sous la domination de la famille d'Anjou mais qui ne resta que 20 ans avant que le massacre des Vêpres siciliennes (1288) ne permettent aux rois d'Aragon de prendre son contrôle.

En 1530, Charles Quint, soucieux de stopper les raids turcs en Méditerranée et d'aider les Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem à trouver un nouveau refuge après leur expulsion de Rhodes par les Arabes, offre Malte à l'Ordre. Son installation va marquer pour longtemps l'histoire de Malte, si bien qu'il sera peu à peu désigné sous l'appellation "ordre de Malte".

Epoque moderne : le règne de l'Ordre

Après la période angevine, l'arrivée des chevaliers marque le début d'une seconde "ère française" à Malte. En effet, ils sont majoritairement issus de la grande noblesse française catholique du temps.

Devant la poursuite des attaques turques, le Grand Maître Jean Parisot de la Valette choisit de fortifier l'île et érigea la ville forteresse qui porte aujourd'hui son nom.

Les chevaliers défendent Malte avec acharnement et marquent un premier coup d'arrêt à l'expansion ottomane en Méditerranée avant la fin du XVIe siècle.

L'île est alors quasiment sous dépendance française : son commerce est principalement orienté vers le royaume, la majorité des fonds de l'Ordre en proviennent, comme la majorité des chevaliers. Néanmoins, cette tutelle de l'Ordre est alors de moins en moins bien vécue par les Maltais. Les moeurs des chevaliers se relâchent, la pression fiscale et administrative se fait de plus en plus forte.

Bonaparte conquit Malte pour le compte de la Révolution en 1797. L'île fut l'objet de tractations entre la France et le Royaume-Uni après cette date et les Maltais se prononcèrent pour la tutelle britannique au début de 1813.

Pourtant, celle-ci n'apparut pas plus heureuse que celle des Français : la situation économique était catastrophique, les épidémies se succédèrent et les libertés promises tardaient à être mises en place par Londres. Néanmoins, Malte va peu à peu retrouver sa prospérité en jouant le rôle d'escale et d'entrepôt des routes maritimes anglaises vers l'Orient, mais aussi de base militaire britannique.

Au tournant du siècle : le réveil national

Le début du XXe siècle marque le début d'un réveil national à la faveur de l'alphabétisation et de la lourde présence britannique. L'élite maltaise veut participer aux affaires de l'île et réclame un statut officiel pour la langue maltaise. Avec la fin de "l'économie d'entrepôt" naissent de graves difficultés économiques qui débouchent sur les émeutes de 1919. Celles-ci obligent Londres à accorder une Constitution et un Parlement, mais les nationalistes ne veulent que l'indépendance. L'influence de l'Italie fasciste conduisit la couronne à jouer de la carotte et du bâton jusqu'à la guerre.

 

Après celle-ci et son terrible cortège de destructions, le nationalisme maltais se fit encore plus fort. Le self government est accordé en 1947 mais ne suffit pas.

 

En 1962, les élections au Parlement maltais voient la victoire des indépendantistes. Ils déclarent l'indépendance par referundum en 1964. Un traité permit de régler les relations avec Londres : maintien dans le Commonwealth, le souverain britannique comme chef d'Etat, une aide à la reconversion de l'économie etc ...

En 1974, le pays choisit de devenir une république et les accords de défense avec Londres furent dénoncés, les bases militaires britanniques évacuées en 1979. Le gouvernement de Dom Mintoff mena alors une politique tendant à la neutralité et au tissage de liens forts avec la Libye dans les années 1980.

Des nationalistes pro-européens

Après plus de 15 ans de gouvernement travailliste et tendant à la neutralité, le nouveau gouvernement nationaliste voulut réorienter l'économie du tourisme vers la finance.

Sur le plan international, l''île opère aussi un rapprochement avec les Etats-Unis et Israel ainsi que vers les communautés européennes. Elle déposa une demande d'adhésion en 1990. Mais en 1996, les travaillistes, de retour au pouvoir, retirèrent leur candidature avant que celle-ci ne soit redéposée par les nationalistes en 1998.

L'adhésion intervient en 2004, après un réferundum de 2003 remporté avec 53% de "oui".

Données politiques
Capitale : La Valette
Régime politique : République parlementaire
Membre de l'Union européenne depuis : 1er mai 2004
Président de la République : Eddie FENECH-ADAMI (depuis le 4 avril 2004)
Premier Ministre : Lawrence GONZI (depuis le 23 mars 2004)
 
Données socio- démographiques (2006)
 
Population : 405 (en milliers)
IDH : 0,875
Espérance de vie : 79,4
Taux de fécondité : 1,37
 
Données économiques (2006)
 
PIB : 8 127 (millions de $)
PIB/hab : 20426 $
Taux de croissance : 2,5 %
Inflation : 2,6 %
Chômage : 7,4 %
Monnaie : euro (depuis le 1er janvier 2008)
 
Quelques liens sur Nouvelle Europe pour aller plus loin
 
Le nouvel élargissement de l’espace Schengen
Zone Euro : tour d'horizon géographique de la monnaie commune
 
Quelques liens pour aller plus loin
 
Portail de l'administration maltaise (en anglais)
Site de la présidence (en anglais)
 
A lire
 
Marie Lory, Malte, Karthala, 1998
Jacques Godechot, Histoire de Malte, Col. Que sais-je, Presse Universitaire de France, 1970
 
   

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