Les Baltes, questions de frontières

Par Philippe Perchoc | 25 octobre 2006

Pour citer cet article : Philippe Perchoc, “Les Baltes, questions de frontières”, Nouvelle Europe [en ligne], Mercredi 25 octobre 2006, http://www.nouvelle-europe.eu/node/25, consulté le 25 mai 2017

frontiere Anciennes républiques de l'Union soviétique, les trois républiques baltes, aujourd'hui membre de l'OTAN et de l'Union européenne ont toujours des relations particulières et difficiles avec la Russie voisine. Si la Lituanie, au Sud, a pu plus rapidement que l'Estonie et la Lettonie s'accorder avec la Russie, les deux autres Etats baltes ont eu et ont toujours plus de difficultés. Le 27 mars 2007, la Lettonie a signé un accord de frontière avec la Russie, laissant l'Estonie être la dernière à n'avoir pas réglé son différend frontalier avec le grand voisin. 

Avec la chute de l'Union Soviétique et l'indépendance de ces pays, la question des minorités russophones est restée sans solution véritable. Les Baltes avaient focalisé leurs mouvements d'indépendance autours d'une ethno-citoyenneté. Les Estoniens ou Lettons d'origine qui parlaient encore les langues nationales étaient mis au coeur de la nouvelle construction étatique. Les anciens  soviétiques ont perdu leur citoyenneté et beaucoup n'ont pas acquis, pour des raisons diverses, la citoyenneté russe.

En Estonie, ces russophones forment 29% de la population et en Lettonie 35%. La Lituanie, ayant une proportion moindre de russophones, elle a plus vite accordé des droits citoyens à ceux-ci, ce qui a permis de fixer plus vite la frontière avec la Russie (1997).

La Russie utilisait le chantage de frontière (le refus de se mettre d'accord sur celle-ci) à la fois pour faire pression sur les Baltes en faveur des russophones mais aussi peut être pour retarder l'adhésion à l'UE et à l'Otan des pays baltes. Cela mène à des situations invraisemblables : des non-citoyens baltes qui n'ont aucun droit politique (ni Russes, ni Baltes), des "fausses frontières" sans existence légale.

En mai 2005, la Russie et l'Estonie ont finalement signé un traité de reconnaissance de la frontière au terme duquel l'Estonie accepte de céder 5% du territoire estonien de l'entre-deux-guerres.

L'accord avec la Lettonie est toujours bloqué par les revendications lettones de territoires lui ayant appartenu après 1920.

Les frontières Européano-russes se fixent peu à peu. Les contentieux historiques s'épurent peu à peu, même si les ressentiments sont toujours forts comme nous avons pu le constater lors du soixantenaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui ne fut que le passage d'une dictature à l'autre pour les Baltes.

Pour aller plus loin

  • Un excellent article de Regard sur l'Est. 

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