A la rencontre de la Vice-Présidente de la sous-commission aux droits de l’Homme, Joanna Senyszyn

Par Isabelle Pinzauti | 7 octobre 2012

Pour citer cet article : Isabelle Pinzauti, “A la rencontre de la Vice-Présidente de la sous-commission aux droits de l’Homme, Joanna Senyszyn”, Nouvelle Europe [en ligne], Dimanche 7 octobre 2012, http://www.nouvelle-europe.eu/node/1540, consulté le 29 septembre 2020

La Vice-Présidente de la sous-commission chargée des droits de l'Homme, l'eurodéputée polonaise membre du groupe de l'Alliance des Socialistes et Démocrates Joanna Senyszyn, nous explique le travail du Parlement pour la promotion des libertés fondamentales.

De nombreuses personnes de part le monde se battent pour leurs droits fondamentaux, comme la liberté d’expression. Sans le Parlement Européen ils n’auraient personne pour les soutenir. Ainsi, par le biais de la sous-commission, des rencontres et des audiences publiques sont organisées pour leur donner la parole et faire connaître ces causes essentielles. Une fois par mois, à Strasbourg, les questions d’actualité les plus urgentes dans ce domaine sont discutées, comme en ce moment la Syrie ou encore les élections en Biélorussie.

Joanna Senyszyn nous rappelle que la question des droits de l’Homme en Biélorussie, et notamment le maintien de la peine de mort, a bien sûr été maintes fois débatue au Parlement. Une rencontre a été organisée avec Madame Liubou Kavaliova, la mère d’un des jeunes maintenus en prison suite à une attaque terroriste dans le métro de Minsk et condamné à mort. Malheureusement cette initiative n’a eu aucun effet pour leur libération et le pire est arrivé malgré les protestations du Parlement. Néanmoins, l'eurodéputée tient à souligner que, même si les discussions au Parlement n’ont pas toujours l’effet escompté, l'action des députés européens permet d'attirer l'attention du public sur des faits autrement voués à se perpétuer dans le silence général. Des initiatives à l’instar du Prix Sakharov ont une immense valeur morale. De longues discussions précèdent le choix du lauréat parmi les trop nombreux candidats, parfois emprisonnés, se battant pour le respect des droits de l'homme. Selon Joanna Senyszyn, l'obtention du Prix est souvent une occasion unique de faire connaître une cause au plus grand nombre. Elle regrette cependant que peu de femmes l'aient obtenu jusqu'à présent.

Concernant  les accords internationaux, Madame la Députée soutient que la question du respect des droits de l’Homme est toujours prioritaire pour obtenir l'accord des membres du Parlement. A la question de savoir comment il est possible pour l’UE de développer de proches relations commerciales avec des pays comme la Chine ou la Russie, elle répond : « Nous en avons avec les Etats- Unis et pourtant Guantanamo est toujours ouvert. En fait, à différents niveaux, les droits de l’Homme sont bafoués dans tous les pays, même au sein de l’Union. Il n’y a qu’à voir la question des Roms ou encore les droits des homosexuels, notamment en Pologne. Même l’illégalité de l’interruption volontaire de grossesse ou encore la vente limitée de contraceptifs constituent pour moi des cas de non-respect des droits de l’Homme. On empêche ainsi les femmes de disposer librement de leur corps. Malheureusement que ce soit à l’intérieur ou d’autant plus à l’extérieur de l’Union, même si l’on se met d’accord sur le papier après de longues et nombreuses tractations sur la nécessité de respecter ces droits, il y aura toujours quelqu’un pour les baffouer. »

Joanna Senyszyn tient finalement à rappeler la toute récente création du poste de Représentant spécial de l’UE pour les droits de l’Homme sur proposition de Madame Catherine Ashton (Haute Représentante de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité) qui avait déclaré le 25 juillet lors de la conférence de presse : "Je suis ravie que M. Stavros Lambridinis (depuis le 1er septembre 2012) soit le premier Représentant spécial de l'UE pour les droits de l'Homme. Les droits de l'Homme sont l'une de mes principales priorités et constituent un fil conducteur qui se manifeste dans tout ce que nous faisons en matière de relations extérieures. Il s'agit donc d'un portefeuille essentiel pour l'Union européenne et pour moi-même. Avec son talent et sa vaste expérience, M. Lambridinis nous sera terriblement précieux. Je me réjouis d'œuvrer avec lui à placer la protection et la promotion des droits de l'Homme et de la démocratie au cœur de l'action extérieure de l'UE et à rendre celle-ci plus cohérente, plus efficace et plus visible dans ce domaine."

Joanna Senyszyn considère qu’il s’agit là d’une grande avancée pour le soutien de la lutte pour les libertés fondamentales par l’UE. Elle permettra de mieux coordonner les actions dans ce domaine ainsi que les positions des uns et des autres, qui sont malheureusement souvent discordantes parmi les partis au sein même du Parlement européen. D’autant plus que Monsieur Lambridinis est un ancien député européen qui a beaucoup agi pour les droits de l’Homme au cours de son mandat. Ainsi, pour la toute première fois, une voix unique européenne traitera des questions liées aux droits fondamentaux. En espérant que cela favorisera leur respect à travers le monde.

Aller plus loin

Sur Nouvelle Europe

Sur internet

  • Portrait de Madame La Député Joanna Senyszyn
  • Son blog (en polonais)

 

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