La Baltique prisonnière de "l'Europe des exceptions" ?

Par Nicolas Escach | 4 avril 2012

Pour citer cet article : Nicolas Escach, “La Baltique prisonnière de "l'Europe des exceptions" ?”, Nouvelle Europe [en ligne], Mercredi 4 avril 2012, http://www.nouvelle-europe.eu/node/1461, consulté le 30 mars 2017

« Ne pas produire de l’histoire mais se contenter d’en consommer » (Claudio Magris)

Berlin

Berlin, Janvier 2009. Je viens d’arriver à Berlin et je comprends déjà que je suis dans The place to be. Je discute de longues heures avec un ami rencontré sur place. Avec lui, je projette, ou devrais-je dire à la vue de mon salaire d’étudiant, je fantasme, de racheter des immeubles à bas coûts pour les revendre ensuite. Mais devant la faible moralité de mon fantasme, nous choisissons plutôt de refaire le monde une partie de la nuit le long de la Sonnenallee. « As-tu vu le film ? » lance mon colocataire d’un grand sourire. Dans le Kino International, cinéma de la Karl-Marx Allee, la projection débute par la remise d’un cadeau à celui qui a pris place sur le fauteuil où s’asseyait jadis Erich Honecker, l’ancien président de la RDA. L’endroit servait de lieu de rassemblement pour des événements culturels de l’ex-Allemagne de l’Est. Je suis au cœur du sujet : une ville au look destroy, où il est possible de hanter des lieux historiques et de se prendre pour un Ossi, tout en vivant des expériences hors du commun. La différence à Berlin n’est plus seulement une réalité : elle est devenue une façon de vivre, voire une exigence. Une amie allemande, Caro, me confie qu’elle ne trouve plus comment s’habiller pour sortir dans les Mottopartys (comprenez « soirées à thème ») qui se tiennent dans les immeubles berlinois : elle est simplement complètement dépassée face à une surenchère de l’excentricité. Aujourd’hui un passant imitant le cri du cheval en pleine journée n’éveille plus aucune attention. Bientôt, il faudra s’emmurer dans les costumes des parcs d’attraction Walt Disney pour entrer dans les clubs de la ville. Les lieux sont à l’image des visiteurs. Qui est, au moins une fois, entré dans un bar berlinois sait que la progression s’y avère parfois difficile. Des blocs de pavés jonchent le sol et des pierres vont tomber du plafond. Je ne rêve pas : nous dégustons notre Currywurst dans une ruine !!! Je demande l’addition, le serveur me répond que le prix est fixé par les clients, il m’en coûtera la somme à la hauteur de laquelle je souhaite contribuer. Surpris, en manque total de répartie, je lui donne 10 euros et reprends ma route vers la station du U8 à Alexanderplatz. Je revois sur le quai un Berlinois que j’avais croisé la veille. Je lui fais part de ma visite dans un marché aux puces de la ville au Mauerpark. L’endroit m’avait semblé bien défoncé et j’y avais trouvé un vélo à pas cher. « Le Mauerpark ? » me dit-il, « c’est complètement fini ». Déjà ? Plonger habillé dans une piscine, danser dans une ancienne usine désaffectée, assister à un défilé de mode sur le quai d’une ligne de métro, passer la nuit à enchainer les sons métalliques dans les recoins d’un bunker à plusieurs mètres sous terre : il y a quelque chose qui ressemble à de la science-fiction à Berlin et dans un premier temps, il serait facile de penser avec Claire Laborey que « La normalisation de la ville-vitrine n’est pas pour demain ». 

Åland

Åland, Février 2011, je m’apprête à prendre le ferry qui relie Stockholm à Helsinki. A priori, rien de moins fonctionnel. Etonnant, le bateau reproduit à l’identique une ville européenne : une grande rue le traverse de part en part, avec les balcons des cabines comme immeubles. Restaurants et boutiques étalent tous leurs produits sur le centre de ce qu’on appellera « l’avenue ». Sur le site internet de la compagnie, Tallink Silja, on ne s’en cache pas : « La Promenade du Silja Symphony est une véritable rue commerçante au milieu de la Baltique ». Au deuxième étage, le bateau possède un vaste centre aquatique avec trois tuyaux, des saunas et un hammam. Je suis étonné par le luxe du lieu avant de comprendre qu’ici le voyage n’est pas un moyen mais un but. Le mot « traversée » est d’ailleurs tabou, on parle volontiers de « croisière ». De fait, dès l’entrée, vous ne pouvez éviter la photo avec le capitaine, qui prend généreusement la pose en écrasant sa main protectrice d’un air complice. A l’œil nu, j’avais repéré plusieurs catégories de population : des drivers russes, des vieux riches adeptes du casino, des jeunes en mal de sensation forte (souvent à des degrés d’alcool inversement proportionnels à la température extérieure) et en faillite de moyens. C’est sur cette dernière catégorie que j’ai choisi de concentrer mon attention (choisi ? disons plutôt que cette catégorie ayant allégé considérablement ma nuit, mon attention devait s’y porter). Nous prévoyons de faire une halte à Mariehamn dans les îles Åland dans le courant de la nuit. Fasciné par la glace qui entoure le bateau et par l’impression de naviguer sur la terre ferme, je reste éveillé, suivant pas à pas le travail du brise-glace. Soudain, le bateau s’immobilise et notre capitaine annonce l’arrivée dans les îles finlandaises. Je suis un peu étonné d’être seul sur le pont. Mais ma surprise est encore plus grande lorsque je constate que la halte est un spectacle digne des plus grands Beckett : les employés lèvent l’ancre, avancent la passerelle, et dans le port, le bus effectue quelques rotations. Petit détail : personne, absolument personne ne descend ou ne monte. La machine ayant tourné à plein régime et à vide, le bateau repart. J’entre un peu interloqué à l’intérieur du petit paradis de la consommation et constate que la foule est bien à la sortie des caisses. Les publicités vantant les soldes sur l’alcool prennent tout à coup sens : grâce à un protocole particulier de l'accord sur l'adhésion de la Finlande à la communauté européenne, l’archipel est séparé des autres pays y compris de la Finlande elle-même (Åland jouit d’un statut d’État libre associé à la Finlande) par une frontière fiscale. Les achats hors taxe sont donc autorisés. Ce statut fiscal permet entre autres à Åland d’obtenir un PIB en SPA par habitant proche de celui de Hambourg en 2009 (39 100). 

Christiania

Christiania, Janvier 2012. Après une journée de train en provenance de Flensburg, j’aperçois la gare de Copenhague et déjà ma visite chez un généraliste du centre-ville a quelque chose de surprenant. Le médecin, installé dans un cabinet de 100 m², équipé d’un Apple grand écran, petites lunettes vissées au nez, me demande si j’ai visité Christiania. Lui répondant que non, j’observe son visage rempli soudain de confiance et de considération : je ne suis visiblement pas un touriste ordinaire. « Aujourd’hui, le quartier n’est bon qu’à rassembler les fumeurs de Marijuana de la ville » me dit-il d’un ton que je ne peux croire nostalgique à la vue du palace qui lui sert de salle d’examen. Curieusement, appartenir à un certain standing touristique ne m’ôte pas l’envie de me fondre dans la masse. Je me rends donc à quelques pas de Christianshavn et dois bien avouer qu’identifier l’ancienne caserne de Bådsmandsstræde d’une trentaine d’hectares qui sert aujourd’hui de terrain à Christiania n’est pas très difficile : il suffit de suivre en sens inverse les vagues de fumée. Les Indiens des Westerns n’ont rien inventé. Devant l’entrée de la « ville libre », qui d’extérieur rappelle plutôt l’accès à un square public, je tombe sur un panneau sur lequel est inscrit en toutes lettres « You are now leaving the EU ». A la sortie du quartier, il est doublé par un logique « You are now entering the EU ». Il semble que Romulus soit passé par là, mais à voir le bout de bois rappelant l’affiche du film RRRrrrr!!! ou une publicité pour un parcours d’accro-branche, on aurait préféré le petit sillon romain. Je me dis que ce territoire doit avoir quelque chose de bien révolutionnaire pour s’arroger le droit de sortir ainsi de Schengen. Le guide du routard m’éclaire sur ce point : une organisation sociale autogérée où le droit d’utilisation a remplacé le droit de propriété, un drapeau et même une monnaie. Mais je suis surpris de voir que les touristes sont visiblement aussi nombreux que les habitants. Je découvre alors un Amsterdam miniature : ici les habitants de Copenhague peuvent acheter toutes sortes de drogues comme s’ils rendaient visite au producteur de fruits et légumes sur la place Monge un dimanche matin. Un homme torse-nu s’apprête à fumer un joint dont je ne sais comment il va pouvoir le mettre dans sa bouche. Les maisons de la ville dénommées "île aux lapins", "arche de paix" ou "maison banane" semblent ne plus faire recette chez les artistes dont la créativité paraît extrêmement pragmatique : tiens, pourquoi ne pas créer un briquet collectif en mettant le feu à un bidon en forme de gazelle ? Dites-le-moi ! Pourquoi ?

A Berlin, Christiania et Åland, il ne faut pas être dupe

On nous propose un produit. Il est fait de fêtes, d’excentricité, d’histoires parfois violentes et de virages mémoriels à Berlin. Il est construit autour de bonnes affaires au look chicos à Åland. Il est pétri de provocation et de flirts avec la règle et la loi à Christiania. Il y a cependant, dans la trajectoire de nos trois villes, une continuité historique dans ce qu’elles proposent aujourd’hui, même si le trait est largement caricaturé. Berlin, carrefour des hauts lieux d’une histoire parfois violente, a multiplié les expériences urbaines. Les immeubles de Friedrichshain ou de Neukölln aujourd’hui recherchés étaient, en leurs temps, des marques de modernité. Dès les années 90, les artistes avaient fait du Tacheles un centre de la culture contemporaine. La ville du Sonderweg, toujours en mouvement, ne rassemblait pas encore des pseudo-artistes pensant qu’être à Berlin suffit à développer leur génie. Christiania avait été reconnu dans les années 70, y compris dans les rangs du gouvernement, comme une expérience sociale et sociétale. Ce même gouvernement ne cherchera ensuite qu’à régulariser la situation du quartier face à son hybris. A Åland, la particularité fiscale trouve sa généalogie dans un combat pour la reconnaissance d’une différence politique et linguistique. Les caricatures sont des faces parfois peu reluisantes des originaux : drogue, violence, trafics sont le lieu commun du livre de Christiane F.. Ces faux territoires de non-droit ont en réalité un seul point commun : celui d’être excessif. Ils jouent à l’excès la musique qu’ils ont eux-mêmes recomposée. La « rupture patrimoniale » de Michel Rautenberg n’est jamais bien loin. Berlin, les îles Åland et les territoires de Christiania ont nourri sur le plan du marketing et de l’image ce qu’ils avaient échoué sur le plan de la lutte sociale. Ces espaces ont su se démarquer à plus d’un titre par le passé. Le problème est que cette démarcation, qui paraissait initialement évidente, s’est repliée sur elle-même pour n’avoir comme seule visée que sa propre consolidation : c’était faire du moyen une fin et du sens un absurde. Le territoire n’est plus un objet mais est devenu un outil. Il a perdu sa valeur d’usage pour, lui-aussi, devenir une marchandise qui doit trouver sur le marché concurrentiel son avantage comparatif. Il est dommage de voir des symboles alternatifs perdre leur message social et leur berceau de créativité (inventer des nouveaux mondes) pour vendre leur marque pour des touristes. Car il ne faut pas se méprendre sur le statut des territoires de l’exception : les lieux que j’ai cités (Berlin, Åland, Christiania), contrairement à ce que l’image qu’ils entretiennent voudrait bien démontrer, sont totalement intégrés dans les flux mondiaux à diverses échelles.  

« Notre appartenance au monde des images est plus forte, plus constitutive de notre être que notre appartenance au monde des idées »  (Gaston Bachelard) 

La manipulation de l’histoire était encore tolérable lorsque l’histoire, bien qu’élevée au statut non scientifique d’icône, restait une ressource pour construire un branding territorial. L’emblème trouvait simplement des racines pour la nourrir. En Baltique, les anciennes voies maritimes de la Hanse étaient utilisées dans les années 90 par Björn Engholm pour appeler à une réactivation des réseaux perdus entre des pays longtemps divisés. Les termes du contrat changèrent lorsque l’histoire, dès les années 2000, ne fut plus l’objet d’une communauté de destin mais celui d’une communauté de défis. Il ne s’agissait plus de raconter simplement l’histoire (Story) mais de raconter des histoires (Stories). En fonction de ce que les touristes et investisseurs attendaient, s’appuyant sur ce qu’ils pouvaient imaginer d’espaces qu’ils ne connaissaient pas encore, l’acteur marketing devait construire de toute pièce et sans aucun fondement des téléfilms prêts à l’emploi qui ne les déconcerteraient pas trop. Le troisième cycle de l’histoire était donc atteint : l’histoire avait été vécue puis recréée avant d’être fabriquée. Le sommet du Forum de développement de la Baltique (Baltic Development Forum) de Malmö est la première étape d’une réflexion sur la notion de « promotion de la Baltique ». En 2006, Simon Anholt, conseiller politique, s’interroge sur des brandstories possibles pour la région baltique. Il en découvre trois : « Quand l’Ouest et l’Est se combinent »,  « Née à l’âge de la primo-globalisation », « La plus petite région du monde, modèle de l’économie talentueuse et entrepreneuriale (PME/PMI) ». Sous l’impulsion de l’expert en marketing Wally Olins, des projets se multiplient pour choisir une image appropriée afin de vendre la Baltique notamment en Asie (Japon). Dans le cadre du projet européen « Baltmet Promo », des interviews sont menées auprès de touristes, des blogueuses japonaises sont chargées de poster des récits de leur voyage… L’espace baltique est alors découpé en trois territoires, supports de ces futures histoires. Les capitales baltes dégagent une envie de nature, un univers médiéval, et une ambiance de contes et légendes. Les villes scandinaves sont associées plutôt au design, à la gastronomie et à la possibilité de dévaler les Shopping Streets (le lecteur avisé relira le passage consacré à notre célèbre Symphony dont le but semble être de nous endormir au son de sa jolie musique). Berlin et Varsovie sont, quant à elles, des villes de culture, d’histoire où l’engagement citoyen doit être mis en avant. Pas sûr que les centaines d’Easyjeteurs déversés par les charters low cost à Tegel ou Schönefeld tous les jours soient vraiment tous humanistes….

« Nous sommes tous une exception, rien donc d’exceptionnel » (Jacques Deval)

L’Europe des exceptions apparaît d’emblée comme un oxymore. Où se cache donc l’identité européenne dans un ensemble d’exceptions qui ne s’affirment qu’à l’échelle mondiale ? L’Europe est faite de territoires, certes différents, qui doivent composer ensemble. L’exception, sous son air enjôleur, cache une terrible réalité : face à l’exception se tient toujours la règle. Existerait-il donc une Europe des règles, une Europe réglée, réglementée, des territoires que l’on pourrait définir à vue de nez, qui suivraient des préceptes préétablis et auxquels il serait possible d’accoler une identité. Cette Europe serait bien ennuyeuse… Imaginer une Europe qui serait « unie dans l’exception » : cela n’a pas de sens. L’exception suppose d’exclure les autres. Se sentir exceptionnel pour un individu comme pour un territoire, c’est mépriser celui qui ne l’est pas, c’est considérer l’autre comme en dessous même de la normalité. Cette Europe à deux vitesses cache en réalité une opposition entre l’Europe des riches et celle des pauvres, entre celle des métropoles et celle des espaces ruraux délaissés, entre ceux qui peuvent construire une stratégie marketing pour contrer la mondialisation et ceux qui n’ont pas les ressources financières ou humaines pour le faire. L’exception ne se conçoit que dans un monde mondialisé où la peur première d’être fondu dans une homogénéité angoissante (stigmatisant trop souvent la culture américaine) a laissé place à une lutte pour se faire remarquer. La concurrence généralisée des territoires métropolitains européens qui devaient attirer toujours plus de capitaux, d’activités et d’habitants l’exigeait. Le Big Mac s’est affublé de l’adjectif « provençal ». La véritable diversité porte en elle une toute autre valeur ou plutôt n’en porte pas. Elle ne précise pas si un territoire est exceptionnel ou non et pourquoi il le serait. Chaque territoire a ses propres mythes, sa propre histoire, ses propres récits fondateurs. S’il est exceptionnel, c’est dans le cœur de ceux qui l’habitent et qui y trouvent de quoi nourrir leur processus de territorialisation. Il est dans ce cadre impossible de comparer les territoires les uns par rapport aux autres (ce que supposerait l’adjectif exceptionnel) : ils sont incommensurables comme le sont les civilisations. Il est impossible de les évaluer. Ne demandons pas aux territoires européens d’être exceptionnels, laissons les être eux-mêmes et ce sera déjà beaucoup…

Aller plus loin

Sur Nouvelle Europe

À lire 

  • DEVAL, J., (1970), Afin de vivre bel et bien, Paris, Albin Michel, 184 p.
  • GRESILLON, B., (2002), Berlin, métropole culturelle, Paris, Belin, 351 p. 
  • HERMANN, K., RIECK, H., (1983), Moi, Christiane F., 13 ans,  droguée, prostituée…, Paris, Gallimard, 339 p.
  • LABOREY, C., (2009), Berlin en mouvement, quoi de neuf depuis la chute du mur ?, Paris, Editions Autrement, 240 p.
  • MAGRIS, C., (1990), Danube, Paris, Gallimard, 561 p.
  • RAUTENBERG, M., (2003), La rupture patrimoniale, Paris, A la Croisée, 173 p. 
  • ESCACH, N., (2011), « La nouvelle Hanse de Björn Engholm a-t-elle été vraiment un échec ? », Eurostudia,  Vol.7, n°1-2, pp.73-86

À voir 

  • HAUSSMANN, L., (1999), Sonnenallee, adaptation du Roman de Thomas Brussig, 90 minutes. 
 

Source photo : © Nicolas Escach, 2011, pour Nouvelle Europe

Commentaires

Ce brillant article semble faire écho à ce passage de JL Godard ("Je vous salue Sarajevo"). En tout cas, il correspond bien à l'idée développée dans la conclusion de l'article...

" il y a la règle et il y a l'exception. Il y a la culture qui est de la règle. Il y a l’exception qui est de l’art. Tous disent la règle : cigarette, ordinateur, t-shirt, télévision, tourisme guerre. Personne en dit l'exception. Cela ne se dit pas, cela s'écrit : Flaubert, Dostoïevski ; cela se compose : Gershwin, Mozart ; cela se peint : Cezanne Vermeer ; cela s'enregistre : Antonioni, Vigo ou cela se vit et c'est alors l'art de vivre : Sbrenica, Mostar, Sarajevo. Il est de la règle de vouloir la mort de l'exception. Il sera donc de la règle de l'Europe de la culture d'organiser la mort de l'art de vivre qui fleurit encore à nos pieds".

Rien à ajouter, super article !

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