L’Ukraine postsoviétique : d’une transition à l’autre ?

Par Zbigniew Truchlewski | 26 juin 2007

Pour citer cet article : Zbigniew Truchlewski, “L’Ukraine postsoviétique : d’une transition à l’autre ?”, Nouvelle Europe [en ligne], Mardi 26 juin 2007, http://www.nouvelle-europe.eu/node/228, consulté le 14 août 2020

100px-orange_ribbon.svgComment penser les changements qui ont lieu en Ukraine ? Quels sont les critères qui permettent de juger si un régime politique est démocratique ou pas ? Autant de questions qu'il convient de se poser au moment où la postérité de la Révolution orange semble remise en cause.

wiktor_juschtschenkoComment penser les changements qui ont lieu en Ukraine ? Quels sont les critères qui permettent de juger si un régime politique est démocratique ou pas ? Autant de questions qu'il convient de se poser au moment où la postérité de la Révolution orange semble remise en cause.

La révolution orange avait attiré l’attention sur les modes institutionnels du pouvoir : on considérait l’Ukraine comme un pays encore en pleine transition démocratique parce que le centralisme démocratique propre aux structures soviétiques caractérisait le régime, Kravtchouk puis Koutchma étaient perçus comme les tenants d’un autoritarisme voire d’un « super présidentialisme », les partis n’étaient pas structurés et la société civile inexistante.

De fait, les politologues ont forgé des outils analytiques à l’aune desquels on peut, semble-t-il, juger si une transition est achevée ou pas. Ainsi, dans le livre Problems of Democratic Transition and Consolidation, Linz et Stepan estiment que les critères décisifs sont la liberté d’association et de communication, la contestation électorale libre et inclusive, l’imposition et le respect de la loi (the rule of law), une bureaucratie fonctionnant selon des normes a priori rationnelles et une économie de marché institutionnalisée. Ces critères se concentrent sur les modes de la démocratie. En est-ce assez pour comprendre qu’une démocratie ait, ou non, obtenu droit de cité dans un pays spécifique ?

Dans le cas de l’Ukraine, nous essayons d’appliquer ces critères et de nous interroger sur les autres variables qui rentrent en jeu pour la mise en place de la démocratie. On peut en effet se demander si les critères énoncés par les transitologues ne postulent pas non seulement une téléologie implicite d’une transition qui fait de l’économie la spécificité du pays étudié, et que l’on essaiera de réintroduire quant à l’Ukraine, mais aussi des critères qui sont insuffisants pour juger d’un état des choses. S’ils sont les conditions nécessaires, ils ne sont pas forcément les conditions suffisantes. De plus, s’ils nous donnent à savoir qu’un régime n’est pas démocratique, ils n’expliquent pas les raisons d’absence d’une démocratie qu’on ne définit pas, au demeurant, dans cette perspective.

Comment dès lors comprendre le fait que, contrairement à ses voisins occidentaux comme la Pologne, l’Ukraine ait échoué dans sa transformation vers un régime démocratique. Quelles variables peuvent expliquer la fragilité de la situation actuelle ? On se propose d’examiner le cas Ukrainien avec, en perspective, les questions du poids du voisinage, de l’identité et de la nation ukrainiennes.

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©  illustrationViktor Yushchenko: wikipedia

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