Journée de sensibilisation au programme européen Jeunesse en action

Par Alexandra Yaghil | 5 février 2013

Pour citer cet article : Alexandra Yaghil, “Journée de sensibilisation au programme européen Jeunesse en action ”, Nouvelle Europe [en ligne], Mardi 5 février 2013, http://www.nouvelle-europe.eu/node/1636, consulté le 14 août 2020

Le 25 janvier dernier, direction Bruxelles pour un groupe de 20 élus et acteurs de la sphère éducative du département des Hauts-de-Seine (92). Réunis par la Direction départementale de la cohésion sociale (DDCS), ils étaient accompagnés par Nouvelle Europe.

Cette journée avait pour but de sensibiliser des élus locaux du département et des professionnels du secteur de la jeunesse et de la vie associative aux programmes européens destinés à la jeunesse et tout particulièrement au programme "Jeunesse en Action" (PEJA).

La journée, déclinée en trois volets, visait à fournir des visions et des informations complémentaires sur ces programmes et les différentes problématiques liées à leur devenir.

Une journée, trois volets

La matinée s’est déroulée à la Commission européenne où nous avons été reçus par  M. Pascal Lejeune, chef de l’unité PEJA au sein de la Direction générale Education et Culture pour une conférence dédiée à la fois à la genèse des programmes européens destinés à la jeunesse, aux actions promues et mises en place par le PEJA et à l’actualité des débats autour du futur budget européen.

Nous nous sommes ensuite rendus au siège du Forum européen de la jeunesse (Youth Forum) où Mme Alix Masson, Head of Policy Development and Advocacy Department, nous a, entre autres, présenté le rôle de cette organisation paneuropéenne qui compte une centaine de membres. Le Forum européen de la jeunesse est une structure de représentation des organisations de jeunes, des fédérations européennes d’organismes de jeunes et des conseils nationaux de jeunesse.

Enfin, nous avons été accueillis par M. Stéphane Victor, chargé de mission Education et Culture au sein de la représentation de la région Ile-de-France auprès de l’UE. Nous avons évoqué la fonction d'une telle structure: représenter et assurer une interface entre les institutions européennes et les six départements d’Ile-de-France membres de la délégation. Les priorités de cette dernière sont de faire valoir les intérêts de la région, de les valoriser mais aussi d'informer et d'offrir une assistance technique aux collectivités nécessitant une aide dans leurs démarches relatives aux programmes européens.

Quel contexte ?

Il s’agissait, par ces différentes interventions, d’insister sur les opportunités que l’Union européenne offre au niveau local, niveau d’action des porteurs de projets (jeunes, acteurs du secteur jeunesse, bénévoles, etc.) mais également sur les différents canaux d’échanges qui existent entre le local et les institutions européennes.

Pas toujours facile, en effet, de bien comprendre ce qu’attend la Commission européenne au moment de remplir une demande de financement... Pas toujours évident, en somme, de s’y retrouver dans des procédures souvent complexes et chronophages.

Pourtant, l’UE offre nombre de possibilités! Il faut donc tendre vers une meilleure appropriation des programmes européens par les porteurs de projets mais aussi par les différents acteurs de la jeunesse au niveau territorial, qu’ils soient élus ou travailleurs de jeunesse (‘Youth workers’ en anglais).

Tout au long de la journée, nous avons évoqué la genèse des programmes européens destinés à la jeunesse. Alors que les secteurs de la jeunesse et de l’éducation restent des compétences exclusives des Etats membres, l’UE, niveau d’action qui paraît toutefois pertinent en la matière, a progressivement mis en place une méthode de coordination non contraignante (une Méthode ouverte de coordinnation ou MOC) et des instruments non juridiques pour pouvoir, elle aussi, agir.

Il existe ainsi aujourd’hui deux cadres: le Programme d'éducation et formation tout au long de la vie et le Programme européen Jeunesse en action (auxquels s'ajoutent les programmes et politiques extérieurs tels qu'Erasmus mundus). Le premier regroupe l'esemble des programmes destinés à l'apprentissage et l'éducation formelle tels qu'Erasmus, Comenius ou encore Leonardo. Le PEJA, lui, est destiné à tous les jeunes et vise à favoriser la mobilité et promouvoir l'apprentissage non formel ainsi que les échanges interculturels et le "dialogue structuré". 

Retour vers le futur: les négociations en cours

Les différents intervenants sont revenus sur les problématiques liées la future programmation 2014-2020. A la veille de cette échéance majeure et alors que la Commission a fait connaître sa proposition de cadre financier en juin 2011, il s’agissait de connaître le point de vue des différents acteurs (Parlement européen, Conseil, société civile) ainsi que leur poids respectif dans les négociations en cours.

La proposition de la commission relative au futur des programmes Education et Jeunesse est de fusionner les différents programmes (Education et Formation tout au long de la vie, PEJA et Erasmus Mundus) en un programme intitulé "Erasmus pour tous". Le tout dans le but de "simplifier" et de répondre au contexte de crise financière et économique. Notons que le sport sera désormais inclus dans ce programme.

Le domaine de la jeunesse est celui qui connaît la plus forte augmentation dans le budget (+73%), un chiffre à relativiser toutefois au regard de la somme allouée dans la précédente programmation.

La Commission dans sa proposition, soutient une vision "horizontale" incluant trois priorités qui devront être déclinées dans toutes les actions du programme: mobilité apprenante, actions de coopération (échanges de bonnes pratiques), actions plus politiques.

Le Conseil de l’UE devrait bientôt exprimer une position officielle. De manière informelle, il a apporté son soutien au programme tel que proposé par l'exécutif européen ainsi que l’approche horizontale. En revanche, il souhaite une sanctuarisation du secteur de la jeunesse (soit le domaine de l'éducation non formelle) qui sous-entendrait la conservation d’un chapitre à part. Il est favorable à l’intitulé "Erasmus pour tous".

Le Parlement européen ne s’est pas encore prononcé en séance plénière et le thème n’est pas inscrit à l’ordre du jour de celle de février 2013. La commission Culture du Parlement a, quant à elle, d’ores et déjà remis en question le nom du programme et proposé de le remplacer par "YES Europe" (YES pour Youth, Education and Sport). 

Des négociations à suivre...

Sources photo: © Centre de conférences de la Commission européenne, par Alexandra Yaghil.

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