L'Europe de la recherche

Par Claudia Louati | 12 avril 2013

  

Après l'échec de la Stratégie de Lisbonne, loin d'avoir atteint son objectif quelque peu surréaliste de faire de l'Europe l'économie la plus compétitive et la plus dynamique au monde en dix ans, les espoirs de l'Europe de la recherche résident dans la stratégie Europe 2020. Dans la course à la compétitivité et à l'attractivité internationale, le "vieux continent" est à la traine et peine à mettre en place les mesures nécessaires au développement d'une zone de libre circulation des idées et des cerveaux.

La politique de recherche est pourtant une part intégrante du projet européen depuis les années 50, puisque le Traité fondant la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA) comme celui établissant la Communauté Européenne de l'Energie Atomique (Euratom) contenaient tous deux des dispositions liées à la recherche. Des éléments inclus dans le Traité de Rome formèrent par la suite la base de la création de plusieurs programmes de recherche dans les années 60 et 70, qui furent ensuite regroupés dans un cadre commun au début des années 80. De quelques centaines de millions d'euros à plusieurs dizaines de milliards aujourd'hui, les programmes cadres de recherche ont financé des centaines de projets scientifiques et techniques, dans des domaines allant de la santé à la protection de l'environnement en passant par l'aménagement urbain.

Il existe encore de nombreuses barrières au marché commun de l'innovation. Protection inadaptée des découvertes scientifiques, fragmentation du marché, rigidités administratives, financements insuffisants, sont autant d'obstacles auxquels les entreprises et les chercheurs européens sont toujours confrontés. Cependant, des initiatives existent aujourd'hui pour y faire face: harmonisation du système des brevets, création de l'Espace Européen de Recherche, développement du système de bourses, open data... L'Europe de la recherche avance donc à petits pas, comme le montrent les contributions de ce dossier. A l'heure des négociations du nouveau cadre financier multiannuel et de multiples appels à la promotion de l'investissement pour assurer une croissance économique stable, les Etats membres ont une chance de faire remonter l'innovation et la recherche dans la liste des priorités politiques. A moins qu'une fois de plus, les restrictions budgétaires ne soient prétextes au court-termisme et aux coupes drastiques dans les secteurs dont le financement est traditionnellement variable, en fonction de la conjoncture. Dans cette situation, l'UE, dans sa capacité de gendarme des déficits publics nationaux, a une chance unique d'encourager les Etats membres à faire les bons choix budgétaires. Privilégier l'investissement dans l'innovation et le capital humain ferait peut-être enfin souffler un vent d'optimisme sur une Europe en plein questionnement sur son avenir social et économique.

 

Ce mois-ci dans le dossier

Sur la version anglaise de Nouvelle Europe:

 

 

Source photo: Ariane 5 reactor, flickr

Ajouter un commentaire

HTML filtré

  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.