Carnets de voyages aux quatre coins de l’Europe

Par Capucine Goyet | 10 septembre 2014

  

D’Ulysse à Erasme, de Voltaire à Gary… Heureux sont ceux qui ont fait de longs et beaux voyages à travers l’Europe. Mais par-delà la découverte de beaux paysages ou de lieux insolites, l’Europe des voyageurs est aussi celle de ses valeurs.

Voyager, c’est d’abord se confronter à un espace dans sa dimension à la fois géographique et temporelle.  Une définition récurrente de l’Europe est celle d’un vieux continent ayant connu tant de révolutions culturelles et architecturales, et dont certains lieux sont encore sources de fractures mémorielles. Par-delà les sentiers battus touristiques, il faut parfois oser s’aventurer dans d’autres quartiers d’une même ville : délaisser un instant les dragons de Ljubljana au profit du quartier underground de Metelkova mesto, voguer jusqu’à la prochaine île grecque en espérant y retrouver une nature sauvage originelle –où « tout n’est que luxe, calme et volupté ». Parfois des paradoxes surgissent : l’île d’Anafi est-elle vraiment cet Eden préservé et authentique ? Ou marcherait-elle déjà dans les traces urbaines de sa grande sœur Santorin ? Réfléchir à l’ « effet Bilbao » : peut-il servir de modèle à d’autres villes européennes ?

Marcel Proust disait que « le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux ».  Voyager, c’est en effet confronter ses idées reçues aux multiples réalités. Que révèle telle destination ? Par-delà les cartographies de stéréotypes, il s’agit de s’ouvrir à l’autre, de s’interroger sur l’être-au-monde de nos voisins. En tant qu’Ukrainien, quelle est ma perception de la Pologne, mon voisin de l’Ouest ? Au contraire, en tant que Polonaise, quelle est ma perception de la Biélorussie, mon voisin de l’Est ? Comment vit-on dans cette dernière dictature d’Europe ?

Le voyage est enfin un voyage intérieur, un voyage intellectuel. C’est une manière d’en apprendre davantage sur soi, de réfléchir aux valeurs que l’on incarne et véhicule, aux rapports humains. Ainsi, partir dans le cadre d’une mission internationale au Kosovo peut constituer le point de départ d’une réflexion plus large sur la construction politique d’un Etat. La théorie voyage-t-elle partout sans s’enliser dans les pratiques concrètes ? Qu’est-ce que ces retours d’expériences nous apportent ? Quand l’Europe des voyages rencontre l’Europe des hommes…

Dans le dossier du mois de septembre 2014 :

Photo: © Capucine Goyet 

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