Compte-rendu du Café Européen - l'Europe et ses langues

Par Virginie Lamotte | 21 mai 2007

Pour citer cet article : Virginie Lamotte, “Compte-rendu du Café Européen - l'Europe et ses langues”, Nouvelle Europe [en ligne], Lundi 21 mai 2007, http://www.nouvelle-europe.eu/node/201, consulté le 14 novembre 2018

still0001Le 15 mai dernier, Nouvelle Europe a ouvert son café européen aux langues d’Europe à l’Institut Polonais, qui est un partenaire de l’association depuis ses débuts. Le thème du mois de mai s’est ainsi posé sur les questions de multilinguisme en Europe et pour cela Nouvelle Europe a tenu à réunir pour ce débat divers acteurs qui côtoient la question au quotidien autour d’une même table.

Cet article est discuté: malgré tout le sérieux du compte-rendu, un contact a été repris avec Monsieur SUNDGREN pour qu'il puisse préciser sa position.

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Monsieur Christian SUNDGREN, conseiller presse et culture à l’ambassade de Finlande à Paris, nous a parlé de la situation du finnois, mais aussi de la minorité suédophone et de la situation du peuple same. La traduction est mise à l’honneur, avec d’une part Monsieur Luca TOMASI, traducteur à la direction générale de la traduction de la Commission européenne, et d’autre part Madame Isabelle CROIX, traductrice libérale et intervenante à l’ESIT (Ecole de traduction et d’interprétation de Paris). Enfin, nous avons voulu débattre avec l’Association Esperanto-France et c’est Alexandre KADAR qui nous expliquera les enjeux de pour l’Esperanto aujourd’hui.

(sur la photo en haut à gauche : Isabelle Croix, Luca Tomasi et Alexandre Kadar autour de notre modératrice Louise David et sur la photo à droite, Christian Sundgren. Merci à Emmanuel Debanne pour les photos) 

Beata PODGORSKA, la directrice de l’institut, a présenté l’association depuis sa création en 2005 aux projets de collaboration entre l’Institut Polonais et Nouvelle Europe. En effet, l’été dernier, l’Institut nous a soutenu dans le cadre du « Baltic Trip », un tour de la mer Baltique en 45 jours en voiture. Au retour de ce voyage, un concours sur la Pologne a été organisé sur le site de Nouvelle Europe. Elle a tenu à souligner que "même si c’est une petite association en nombre de membres, 25 actuellement, c’est une association très dynamique."

 
 

Pour commencer, Christian SUNDGREN nous a parlé du lien entre langue et identité en Finlande et comment on trouve son identité dans un pays qui compte plusieurs langues. Selon lui, "la question de la langue, c’est comme un jeu de lego, et la langue est le point où commence l’identité. En effet, si on ne connaît pas sa propre langue, on ne peut pas connaître les autres."

En Finlande, on parle finnois, mais il y a aussi la minorité suédophone qui « talar svenka », et ce n’est pas le même suédois qu’à Stockholm, ce n’est pas le suédois des Prix Nobel. En Finlande, c’est une langue régionale de l’ouest. Souvent, des professeurs de langue de Suède viennent en Finlande pour entendre du suédois. Tout cela est un bagage important pour garder sa langue. L’autre langue du pays donc, la langue majoritaire, est le finnois. Tout l’enseignement à l’école se fait dans cette langue. Ici, à l’ambassade, les rapports ne sont rédigés qu’en finnois.

Suédois et finnois sont deux langues bien différentes : l’une est indo-européenne (le suédois) et l’autre finno-ougrienne (le finnois) de la même famille que le hongrois et il semblerait même que le basque aurait des points communs avec le finnois. Il y a aussi une troisième langue en Finlande : le same, parlé en Laponie. Depuis les années 1950-60, l’enseignement à l’école peut être fait en same et de plus en plus des programmes télévisés se font en cette langue, surtout en ce qui concerne l’actualité.

Il est à noter aussi que les pays nordiques travaillent beaucoup ensemble et notamment sur les questions d’identité et de langues au sein de l’espace nordique. Christian SUNDGREN a tenu à souligner que une langue c’est une partie d’un pays et de son paysage, c’est-à-dire qu’ici identité et culture forment un tout. En effet, sans cela, ça n’a pas de force pour pouvoir comprendre d’autres cultures.

 
 

Luca TOMASI est ensuite intervenu pour nous expliquer ce que le multilinguisme représente en termes techniques, en termes de coûts, ce que représente pour les institutions européennes une gestion à 23 langues. Cette question est en effet assez complexe car les journalistes parlent toujours du « problème linguistique », mais pour la Commission européenne, cela représente plutôt un défi. "Aujourd’hui, l’Union fonctionne avec 23 langues officielles, mais il n’y a pas que 23 langues en Europe, il y en a bien plus et le nombre de langues officielles ne pourra donc qu’augmenter dans l’avenir."

Ainsi, le cas de l’Irlande, qui lors de son adhésion n’avait pas émis le souhait de voir le gaélique irlandais avoir le statut de langue officielle, mais seulement celui de langue de traité. Aujourd’hui et ce depuis le 1er janvier 2007, le gaélique est une langue officielle de l’Union, avec les mêmes droits que les autres.

Il y a aussi le cas de l’Espagne. Pour le moment seul le castillan est reconnu langue officielle, mais il est possible pour les citoyens espagnols parlant une langue régionale, tel le basque, le catalan ou le galicien, de s’adresser aux institutions européennes dans ces langues et de recevoir une réponse dans cette même langue, alors que ces langues ne sont pas langues officielles.

Il faut aussi noter que le coût du multilinguisme n’est pas aussi terrible, il est trop souvent exagéré. En effet, cela coûte de 2€ à 2,50€ par citoyen et par an. C’est un coût soutenable. Luca TOMASI a donné l’exemple d’un essai soi-disant scientifique qui présentait la situation comme  intenable, et que ce n’était pas vraiment une question de volonté politique. Il ne faut pas oublier de dire que le multilinguisme présente aussi des avantages. Il n’est pas indifférent de lire quelque chose dans sa langue, cela participe à la création européenne. En effet, si l’Europe n’est pas si populaire que cela, c’est aussi parce que la communication n’est pas réussie avec les citoyens.

 
 

Isabelle CROIX, quant à elle, nous a expliqué dans quelle mesure on faisait appel à un traducteur dans les institutions européennes. Les institutions européennes travaillent essentiellement en interne, mais 20% du travail est sous-traité. Ici, c’est seulement les documents sans caractère d’urgence et sans caractère officiel, c’est-à-dire que ce ne sont pas les textes juridiques et sans enjeu politiquement sensible. C’est par l’intermédiaire des appels d’offre que les institutions sont amenées à travailler avec des traducteurs extérieurs. Ces appels d’offres sont adressés à des cabinets de traducteurs qui confient donc les textes aux traducteurs libéraux. Ici, Luca TOMASI a tenu à souligner que les textes relevant de la traduction obligatoire sont ceux prévus par les règlements. Tout ce qui concerne la communication et l’appareil législatif doit être impérativement traduit.

 
 

Enfin, Alexandre KADAR, de l’association Esperanto-France, nous a expliqué le pourquoi de l’Esperanto face à toutes ces questions. Avant toute chose, il a voulu remercier l’Institut Polonais et Nouvelle Europe pour l’organisation du débat. Face aux 23 langues officielles et aux nombreuses langues régionales et minoritaires, demander le pourquoi de l’Esperanto est assez provocateur. L’Esperanto n’est pas une nouvelle langue, c’est une langue vivante depuis 1887. Elle a une histoire, une culture s’est développée autour d’elle avec la production de nombreuses œuvres originales en Esperanto mais aussi de très nombreuses traductions. La langue fonctionne et elle est utilisée tous les jours partout dans le monde.

Une des questions que l’on peut se poser est si l’Esperanto peut être considéré comme un pont entre multilinguisme et citoyenneté. L’Europe a besoin d’une langue identitaire, et celle-ci doit pouvoir être un tremplin pour l’Europe. C’est un rôle qui peut être assumé par l’Esperanto. En effet, une des richesses européennes est bien ses langues et l’identité des gens passe par leur langue, comme l’a rappelé Christian SUNDGREN. Si l’identité européenne n’est pas assez forte c'est que la construction européenne s’est faite avant tout politiquement. On aurait dû commencer par l’Europe de la culture pour créer une identité européenne forte. L’Esperanto serait donc ici un pont vers le multilinguisme, et grâce à ses qualités propédeutiques et à sa facilité d’apprentissage, cela encourage à apprendre d’autres langues. C’est donc un tremplin vers le multilinguisme. Il faut donc, selon Alexandre KADAR, une langue pour une identité européenne. Pour cela, il faut une langue neutre.

 
 

En réaction, Christian SUNDGREN, sans vouloir dire que la solution de l’Esperanto ne peut pas fonctionner, précise que la langue, les langues nationales doivent être au cœur des politiques. En effet, la culture en Europe est tout à fait essentielle. Aujourd’hui, on a plus focalisé sur le marché et l’économie que sur la politique culturelle, mais elle reste néanmoins très importante, notamment par le biais de la traduction. Selon lui, si on veut construire une Europe, que les femmes et les hommes veulent construire, il est nécessaire qu’ils puissent parler leur langue et se faire comprendre dans leur langue.

Ainsi, quelques chiffres de la traduction en Finlande, où tous les ans 2000 livres sont publiés. Parmi ces publications, environs 1230 sont des livres anglais ; viennent ensuite des livres suédois, français et allemand. La littérature finnoise quant à elle n’est distribuée traduite que dans très peu de langues, il s’agit dans l’ordre du nombre de publication de l’allemand, du suédois, de l’estonien, de l’anglais, du français, du russe, du hongrois, du lituanien, du néerlandais et du tchèque. Ainsi, pour Christian SUNDGREN, l’Union européenne devrait mettre plus de poids sur la langue et la culture et de même, faire jouer encore plus la traduction.

 
 

Pour Luca TOMASI, ce défi est très complexe. En même temps, les institutions européennes font des efforts pour garantir à chacun ses droits en matière de langue et promouvoir le multilinguisme auprès des citoyens, mais aussi la mobilité. Comment éviter la colonisation d’une culture dominante américaine ? Celle-ci domine en effet partout et c’est très difficile d’y remédier. Mais désormais, depuis le 1er janvier 2007, on a un commissaire européen en charge du multilinguisme. Il s’agit du roumain Orban qui a donc la charge de la promotion du multilinguisme citoyen et de créer un environnement favorable aux langues : parler sa langue et rencontrer les autres et ainsi mieux comprendre la culture européenne et les cultures européennes.

 
 

Alexandre KADAR a tenu à souligner, comme l’a fait Christian SUNDGREN, l’importance de la langue maternelle, qu’il est essentiel pour chaque citoyen de pouvoir s’exprimer dans sa langue. Cependant, certains sites internet européens sont trop peu traduits. Il faut en effet noter qu’il n’y a pas de responsabilité claire en matière linguistique en Europe et le débat est quasi inexistant. En outre, même si l’on parle de politique commune en matière de politique linguistique, celle-ci relève de la compétence des états et de leur volonté politique de les promouvoir ou non. Le débat étant trop sensible à plusieurs niveaux, personne n’ose se positionner sur la question.

 
 
 

Le débat commençant parmi les intervenants, la parole a été donnée au public. La première intervention a donc concerné la légitimité de l’esperanto par rapport à l’anglais qui est déjà bien installé, et notamment comme seconde langue pour la plupart des européens. Alexandre KADAR, sans réfuter la réalité actuelle, a souligné que sur cette question, un interventionnisme était nécessaire et que le laisser-faire actuel pourrait avoir trop de conséquences à long terme. Il s’appuie pour cela sur une résolution de l’UNESCO qui préconise la promotion de la diversité linguistique par une nécessaire action politique des états.

 
 

L’écart des connaissances linguistiques entre l’Europe de l’est et Europe de l’ouest est aussi important. En effet, d’après des études faites par les institutions européennes, les luxembourgeois, les slovaques et les lettons font parties des pays qui déclarent le plus parler d’autres langues que la leur, mais seulement 51% des français. Isabelle CROIX a tenu à faire remarquer que pour des pays où la langue était peu parlée en dehors des frontières de l’état, il est nécessaire de parler d’autres langues, notamment pour des raisons économiques. Ici, il faut donner l’exemple du touriste anglais qui n’a pas besoin de faire l’effort d’apprendre d’autres langues, car partout où il va, on lui parlera dans sa langue. Il y a aussi la qualité de l’enseignement qui joue sur cette question. Dans certains pays, où l’enseignement est meilleur, cela donne envie de continuer et d’apprendre d’autres langues. Il y a aussi des raisons historiques, dans les pays qui ont connu des dictatures, les langues donnent aussi un accès à l’extérieur.

 
 

Christian SUNDGREN a voulu ajouter ici l’expérience finlandaise. La Finlande est en effet un petit pays, dont le PIB dépend à 60% de l’exportation. Ainsi, sans que l’on s’en rende compte, la question linguistique est très importante et elle est très politique. La Finlande a fait partie de la Suède pendant 600 ans et aujourd’hui les suédophones ne représentent plus que 6% de la population. Juste avant son indépendance, la Finlande a fait partie pendant 100 ans de la Russie en tant que Grand-duché et de nos jours, le russe est de moins en moins appris, alors que l’économie finlandaise dépend étroitement de l’économie russe. 22% des exportations finlandaises vont vers la Russie et seulement 1% des finlandais parlent le russe.

 
 

En ce qui concerne les compétences linguistiques des européens, Luca TOMASI ajoute que la Commission européenne est en train de construire un indice de compétence linguistique, ce qui n’a encore jamais été essayé au monde. La Commission espère pouvoir mener ce projet pilote en 2009. Il est aussi revenu sur les chiffres concernant le Royaume-Uni où 36% ont déclaré parler une autre langue, mais parmi les sondés se sont trouvés beaucoup d’immigrés où la langue maternelle n’était pas l’anglais, considéré donc par eux comme une langue étrangère. C’est donc un domaine très compliqué à analyser mais aussi très difficile, mais il devrait permettre d’améliorer l’enseignement des langues.

 
 

Un homme dans le public a tenu à souligner que durant la guerre froide, dans les pays Europe de l’est, il y avait obligation à apprendre le russe, mais on apprenait aussi l’allemand, l’anglais et l’italien mais que depuis 1989, l’anglais avait nettement pris le dessus et par conséquent l’enseignement du russe était en chute libre. Aussi les gens investissent beaucoup dans l’anglais ce qui laisse peu de temps pour les autres langues. Cela porte un coup important à la diversité linguistique.

 
 

Luca TOMASI a reconnu que cet investissement était très important pour les familles et pour les états et que cela pouvait être très frustrant. Ainsi, quand on ne peut pas parler très bien une langue, on gagne tout de même une compétence communicative. La question est donc quelle langue apprendre ? La réponse dépend aussi de la situation géographique. En Alsace, on sera plus tourné vers l’allemand et dans le sud de la France vers l’italien et l’espagnol. Il y a aussi des possibilités d’apprentissage des langues tout au long de la vie. On ne peut pas être à 100% pour chaque langue, et il ne faut pas oublier non plus les compétences de compréhension passive.

 
 

Christian SUNDGREN a ici réagit en donnant l’exemple de sa propre famille, où en 1910, beaucoup plus de langues étaient parlées chez lui : finnois et suédois naturellement, mais aussi russe et français. C’est une famille « multilangue » selon son expression. Mais la tendance est à de moins en moins de langues. Ainsi dans l’université d’économie d’Helsinki, une partie des cours du département est désormais donné en anglais afin d’attirer plus d’étudiants étrangers. C’est selon lui une mauvaise stratégie. Il préfère le choix d’un système de communication où plus de langues ont leur place.

 
 
 

Madame Beata PODGORSKA, la directrice de l’Institut Polonais est ici intervenue pour souligner que le problème des langues était aussi un problème économique. La traduction rencontre le monde de l’édition, de la littérature et aussi de la politique… C’est un cercle vicieux. Si par l’intervention économique, par une politique de quota on subventionne de la production culturelle pour pouvoir la vendre, on peut donc produire et diffuser un film polonais, mais qui va l’acheter ? Elle a donné l’exemple de l’initiative de l’UGC des Halles qui le 9 mai dernier pour la fête de Europe a voulu célébrer le cinéma européen par la diffusion de 27 films, un par état-membre, cela n’a pas marché. Les gens n’achètent pas.

 
 

Pour rebondir sur cette initiative, Christian SUNDGREN a voulu donner un autre exemple, celui de Culture-France qui présente d’autres cultures d’autres pays. Cette année est celle de l’Arménie, « Arménie mon amie », avec des expositions, des films, des conférences… En 2008, ce sera l'année de la Finlande en France et durant la seconde moitié de l’année, durant la présidence française au Conseil de l’Union, ce sera la saison de l’Europe, où tous les pays européens seront invités à présenter leur culture. Il sera aussi question des langues. Culture-France travaille sur plusieurs questions, dont les questions économiques. Certains disent que c’est la France qui devrait être vendue par cet intermédiaire, mais il s’agit là plutôt de la connaissance européenne et du monde.

 
 

Un étudiant présent dans la salle a remarqué que lors de grands rassemblements européens et internationaux, il fallait une langue commune pour communiquer et que en Finlande, comme dans les autres pays nordiques, y faire un Erasmus assurait à avoir un cours en anglais et les cours de la langue nationale y étaient facultatif.

 
 

A cela Christian SUNDGREN a répondu que l’utilisation massive de l’anglais dans les universités de son pays était un problème quant à son identité. Il y a quelques années, a-t-il dit, il y a eu une réforme sur le statut du suédois en Finlande. Auparavant, les finnois devaient aussi apprendre le suédois. Désormais, ce n’est plus le cas. Ainsi, aujourd’hui 96% des élèves choisissent l’anglais. Les langues sont donc de plus en plus le finnois et l’anglais. Le français tient aussi une place importante, mais il est en retrait.

Précisions apportées par Monsieur Sundgren à la suite des débats dans les commentaires (interview à venir pendant l'été)

Je remercie tous pour ce débat sur la question des langues en Finlande. Il me semble provoqué par mes déclarations à l'institut Polonais.
 
Si je n'étais pas 100% précis, la quotation ici joint précise la situation des langues en Finlande.

Il y a deux langues officielles: le finnois et le suédois. Ces deux langues sont enseignées à l'école et comme la quotation indique il y a des écoles finnoises et suédoises. En plus on compte la langue same parmis nos langues, parlé et enseigné en Laponie.

Il me semble que la plus grande confussion dans ce débat concerne le role de la langue suédoise dans les écoles finnoises. Elle est bien enseignée, mais elle n'est plus obligatoire dans le baccalauréat. Ainsi l'interêt pour la langue suédoise a diminué en Finlande surtout dans les régions ou on en parle peux de suédois. Cette décision qui va être suivie par le nouveau gouvernement finlandais.

Christian Sundgren

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"The language of instruction in Finnish schools is either Finnish or Swedish, depending on the pupils' mother tongue. There are Swedish-speaking primary schools , secondary schools , gymnasia (senior secondary schools) and vocational schools. In 2002, comprehensive school teaching was provided in Swedish by 290 schools and upper secondary teaching by 35 schools. The number of children enrolled in Swedish-speaking comprehensive schools increased in the 1990s as a growing number of bilingual families opted for Swedish schools for their children. In the 1980s, the yearly intake was about 3,600 pupils and in the 1990s it rose to about 4,000. In 2002, approximately 5,000 students were receiving Swedish-speaking vocational education."

appaisement 

 
 

Selon Alexandre KADAR, cette politique favorisant l’anglais apporte plus une perte en ce qui concerne le développement du sentiment d’appartenance européen. Il considère que l’Esperanto est ici une alternative intéressante, car c’est un milieu multilingue avec de nombreuses rencontres permettant de découvrir l’autre et leur culture.

 
 

Pour Isabelle CROIX, c’est aussi une question concernant l’évolution de la société. L’apprentissage de l’anglais peut nous servir, notamment d’un point de vue de projet de carrière. L’esperanto, selon elle, n’a pas cette démarche-là. Elle distingue de plus l’anglais et l’anglais véhiculaire, celui de la communication et du travail. Celui-ci a un but utilitaire. Ainsi, dans ce cas, l’anglais est la première victime de son succès avec une perte de qualité dans la communication.

 
 

Une autre remarque du public a concerné la qualité et la diversité de l’offre disponible en matière d’enseignement des langues. L’offre de matériel est en effet très large et adaptée à tous les publics pour l’anglais, mais ce n’est pas le cas pour d’autres langues, même parmi les plus répandues.

 
 

Luca TOMASI, tout en reconnaissant cette réalité, a voulu montrer la volonté de la Commission à développer du matériel d’enseignement pour les langues régionales et minoritaires. Le programme EMILE, qui apporte un enseignement d’une matière en langue étrangère, s’intègre à ces initiatives. Mais il a tenu à dire qu’il fallait être réaliste car cela coûte trop cher si la demande est trop faible. La Commission peut les soutenir par une mise à disposition de matériel, par la création de réseaux.

L’Esperanto, pour lui, pose problème car il ne peut pas être à la fois langue neutre, langue vivante et langue auxiliaire. Il doit choisir. L’anglais que l’on apprend a bien sûr des connotations culturelles, mais ce ne sont pas celles de Shakespeare, ce sont plutôt celles de Dan Brown. Il faut étudier une chose que l’on utilise. On doit s’adapter, les langues évoluent, elles ne sont pas figées. Le défi de la traduction existe. L’effort est néanmoins fait pour que l’on ait 23 textes considérés comme équivalent.

 
 

Alexandre KADAR a reconnu ce problème crucial avec le lien entre langue et culture. Il a par la même occasion redéfini ce qu’est le concept de langue neutre : une langue neutre politiquement, pour une communication équitable.

 
 

Pour finir, un jeune enseignant a voulu souligner le pragmatisme de langues. En effet, en enseignant des langues, on peut inciter à en apprendre d’autres et éveiller ainsi un sentiment de curiosité, même si la langue enseignée est l’anglais.

A la suite de cette intervention, le débat a continué de manière plus informelle. Le public a pu ainsi interroger plus directement nos intervenants mais aussi échanger des expériences, mais seul le français fut parlé autour du café !

 

Pour aller plus loin :

 picto_1jpeg  Sur Nouvelle Europe
 picto_1jpeg  Notre dossier : L'Europe et ses langues
   
 picto_1jpeg  Sur Internet :
 picto_1jpeg Le site de l'ambassade de Finlande en France 
 picto_1jpeg Les portails d'informations Info-Finlande (en français) et Virtual Finland (en anglais)
 picto_1jpeg Le site de la Direction Générale de la Traduction de la Commission Européenne (DGT) 
 picto_1jpeg Le portail des langues de la Commission européenne 
 picto_1jpeg Le site d'Esperanto-France  
 picto_1jpeg Le site de l'Institut Polonais, qui nous a accueilli pour cette soirée.  

 

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