Bilbao rime avec Nouveau

Par Sophie Rauszer | 10 septembre 2014

Pour citer cet article : Sophie Rauszer, “Bilbao rime avec Nouveau”, Nouvelle Europe [en ligne], Mercredi 10 septembre 2014, http://www.nouvelle-europe.eu/node/1848, consulté le 29 avril 2017

Loin de la brûlante actualité de cet été, Bilbao et le pays basque sont en plein dans leurs fêtes basques. La Semana Grande, ou aste nagusia comme ils disent, se propage de ville en ville d’Euskadi. 350 000 habitants, capitale de la province de Biscaye mais aussi la plus grande ville en pays basque, Bilbao est incontestablement le passage obligé de tout touriste dans la région.

Faire son entrée en pays basque

Après avoir quitté la très active Côte d'azur et les rues agitées de Carcassonne pour traverser les Pyrénées, nous nous retrouvons d’abord au milieu des pèlerins de Saint-Jean-Pied-de-Port. L'atmosphère basque y règne déjà : petites maisons aux remplages en brique et aux balcons de bois rouge, jamón et fromages de brebis et panneaux signalétiques en basque. 

Après un rapide passage par la très traditionnelle Pampelona, Bilbao (Bilbo de son nom basque) apparaît rapidement comme le centre névralgique de la région. Périphériques et bretelles laissent place à la Ria Nervión autour de laquelle s'est étendue au fil des années la ville.

De ville industrielle à capitale moderne

Bilboa est un exemple frappant de reconversion urbaine. D'une ville industrielle où les cheminées crachaient en une ville moderne où l'architecture contemporaine foisonne, en parfaite harmonie avec l'ancien, c’est incontestablement une ville à étudier en long, en large et en travers. Ses activités portuaires se sont déplacées en aval du fleuve Nervión, laissant place à une vie nocturne intense dans le vieux quartier du Casco Viejo. Dans les Siete Calles comme on les appelle aussi, se concentrent bars, musées et églises. Même si ces premiers rencontrent un succès plus francs que les autres, le musée basque tente tant bien que mal de présenter les traditions artisanales et pastorales de la région. Nul ne doit rater non plus quelques pintxos, les tapas basques, aux abords de la Plaza Nueva.

Le Guggenheim est sans nul doute l'exemple le plus connu de cette magistrale reconversion. Que lui importe que sa principale salle doive son nom à son mécène Arcelor Mittal, les expositions temporaires sur Georges Braque et Yoko Ono démontrent une fois de plus la capacité de l’œuvre de titane à se régénérer. Néanmoins, l’Alhóndiga, ancien entrepôt de vin et d’huile d’olive transformé en forum d’activités culturelles et ludiques, est probablement le symbole le plus parlant de la transformation de la ville. Philippe Starck a laissé s’échapper tout son génie autour de colonnades aux parures les plus extravagantes, aux matériaux les plus divers et rappelant tous les styles (Art déco, Renaissance, néoclassique, oriental…). Le bâtiment abrite magasins hipster, bibliothèque, salles d’exposition et vastes terrasses.

Ponts Zubizuri, de La Salve, del Arenal : ils sont à l’image de leur ville, un savant mélange d’architecture contemporaine et ancienne au-dessus d’un fleuve qui insuffle la vie et recrée l’espace de la ville depuis des siècles.

Depuis 1915, le funiculaire permet de prendre un peu de hauteur sur ce panorama de choix. Mais déjà il est temps pour nous de quitter la ville car San Sebastián et ses fêtes nous attendent. Future capitale européenne de la culture 2016, une opportunité pour la municipalité de gauche indépendantiste basque Bildu de démontrer tout son potentiel de renouveau comme sa voisine.

« L'effet Bilbao » intéresse de nombreuses villes, parmi lesquelles Bruxelles. De la capitale européenne, les urbanistes ne retiennent pour le moment que le mot clef péjoratif de « bruxellisation » alors que tant d’Art Nouveau mériterait un peu plus de lumière aussi.

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Photos: © Sophie Rauszer

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