[Baltic Trip] Le lac Peipsi

Par Philippe Perchoc | 25 novembre 2006

Pour citer cet article : Philippe Perchoc, “[Baltic Trip] Le lac Peipsi”, Nouvelle Europe [en ligne], Samedi 25 novembre 2006, http://www.nouvelle-europe.eu/node/58, consulté le 17 novembre 2017

lac_peipsiLe lac Peipsi (ou "Peïpous") marque la frontière entre l'Estonie et la Russie. Il est habité par des populations très diverses, les Vieux Croyants - orthodoxes hostiles à certaines réformes tsaristes de l'Eglise orthodoxe et chassées - ou les Setu - un peuple qui partage beaucoup de traits avec le peuple estonien tout en marquant sa différence.

Dans cette région, toujours disputée entre les deux pays, sont installées des populations Setu et Russes qui vivent mal les entraves à la mobilité qui leurs sont imposées alors qu'ils ont toujours eu pour habitude de circuler. Lors du Baltic Trip, nous avons voyagé un peu au nord de cette région.

Les populations russes et setu (ces derniers étant pourtant proches des Estoniens sur un plan ethnographique) ont en commun d'être orthodoxes alors que les Estoniens sont majoritairement protestants. Les églises sont omniprésentes dans le paysage des villages du lac Peipsi, parfois très délabrées comme celle de Kalaste. Les Setu et les Russes ont toujours eu peur que les gouvernements estoniens n'entravent leur liberté religieuse. Tanel Matlik, le directeur de la Fondation pour l'Intégration des Non-Estoniens nous a expliqué que "les Russes de cette région sont très différents des Russes arrivés pendant la période soviétique. Ils sont beaucoup plus attachés à leur religion (ils font partie des Vieux Croyants, une dissidence de l'Orthodoxie russe traditionnelle) et beaucoup plus volontaires à la préservation de leur culture (...) A bien des égards, il est plus simple de travailler avec eux qu'avec l'immigration russe plus récente."

Malgré les difficultés économiques très visibles, les gens ne semblent pas découragés et un homme m'explique en allemand qu'il est fier de pouvoir reconstruire sa maison. Une voiture garée devant la ruine laisse s'échapper une mélopée bien russe. Dans les villages, les maisons repeintes et les maisons abandonnées se cotoîent et se mélangent.

Le marché est sûrement l'endroit le plus typique. Tout le monde parle russe ici, devant le drapeau estonien qui flotte sur la place. On y vend du bric et du broc, le véhicule sert d'étalage et le vendeur est assis au volant ! Chaussures, fruits et légumes ou objets traditionnels, tout se vend, tout s'achète ici.

Cette région est très belle et particulièrement attachante. Sindbad en est totalement tombé amoureux: le lac immense ne semble pas diviser ces peuples que les frontières gênent à présent comme le souligne Katerina Kesa. La circulation des Setu et des Russes, malgré des visas facilités paraît difficile...

Quand on pense à tout le bruit que le pays organise autour de l'E-Estonie (l'Estonie numérique), on comprend bien que tout n'est pas si simple.
 

Pour aller plus loin

  • Au sud du lac de Pskov, une région coupée en deux par Katerina Kesa sur "Regards sur l'Est"
  • Informations touristiques sur les Setu
  • Des images de l'Estonie sur Nouvelle Europe

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