[Baltic Trip] La ligue hanséatique

Par Philippe Perchoc | 11 novembre 2006

Pour citer cet article : Philippe Perchoc, “[Baltic Trip] La ligue hanséatique”, Nouvelle Europe [en ligne], Samedi 11 novembre 2006, http://www.nouvelle-europe.eu/node/48, consulté le 26 septembre 2017

lubeck_mongolfieresLa ligue hanséatique joue un rôle important dans l'imaginaire collectif des Baltes. Cette association de marchands a dominé la mer baltique, organisé son commerce et forgé une grande partie de son identité entre le XIIe et le XVIIe siècle. Tout au long de notre voyage, nous avons trouvé des traces de son histoire et de sa puissance.

Une association de marchands
 

En 1161, les marchands de Visby - dans l'île de Gotland - s'allient au sein d'une association qui vise à promouvoir le commerce. Ils migrent ensuite vers Lübeck, fondée en 1158. D'autres villes comme Hambourg, Wismar et Rostock, à la faveur du mouvement de renaissance urbaine du XIIIe siècle, rejoignent cette association pour s'assurer d'un commerce pacifique et de sa liberté au delà des mers, notamment dans les nouvelles villes baltiques (comme Riga fondée en 1208 par un évêque de Brême).

Peu à peu, l'association de marchands se transforme en alliance de cités libres qui acquièrent un certain nombre de privilèges en Angleterre, en Flandre et en Norvège. En 1280, une opération de blocus contre Bruges marque ce changement fondamental dans la nature de la Ligue hanséatique: l'association devient une puissance qui compte au Nord de l'Europe. En 1358, différentes ligues de marchands de l'Allemagne et de la Baltique se regroupent pour former une ligue hanséatique renforcée qui devient un acteur majeur de la politique nord européenne et baltique. La ligue s'élargit aussi au grès de l'avancée des chevaliers teutoniques dont le grand maître est membre de droit de la ligue.

Un fonctionnement collégial

Le fonctionnement de la ligue est relativement souple: quatre Anciens, élus par les marchands de Lubeck, Visby, Soest et Dortmund, représentent la ligue à l'étranger et veillent à faire respecter les décisions de l'assemblée de la ligue, la Hansetag qui se réunissait tous les trois ans. Chaque ville est libre d'appliquer ou non les décisions de l'Hansetag mais doit apporter sa contribution financière et militaire à la ligue. Celle-ci devient, au fur et à mesure de son développement, de plus en plus régulatrice: elle légifére sur les modalités du commerce, le prêt, le droit de commerce entre membres et non-membres de la ligue ...

Des villes à l'histoire prestigieuse

De grandes villes baltiques se sont développées à la faveur de la ligue, comme Tallin, Tartu, Kaliningrad, Parnu ou Gdansk. Pourtant, les menaces étaient nombreuses: les marchands étrangers, les Français, les Anglais ou les Suédois tentaient d'outrepasser les mesures de la ligue, visant à s'assurer le monopole du commerce en Baltique.

Mais la menace la plus importante venait du royaume du Danemark qui verrouillait l'accès de la Baltique par les détroits. Après les premiers succès des Danois qui occupèrent Visby en 1360, la ligue ravagea Copenhague en 1370, libérant les détroits et lui permettant de continuer sa croissance.

L'émergence de nouvelles puissances en Baltique comme les Néerlandais, les Suédois, les Danois et les Russes, ajoutée au déclin de l'ordre teutonnique, à la découverte du Nouveau Monde et à la Guerre de Trente ans (1618-1648) annonça le déclin de la ligue au XVIIe siècle.

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